Aujourd’hui, je reçoit Lucie Miklas, alias la batgirl du bâtiment 

Avec plus de 20 ans d’expérience dans la construction, Lucie a un parcours inspirant et sans filtre. De son bac +2 en bâtiment à la création de son entreprise de maître d’œuvre, elle a tout vu, tout vécu… et elle nous raconte tout !

Au programme :

  • Pinterest vs. la réalité du chantier
  • Les défis (et victoires !) d’une femme dans un univers encore très masculin
  • Ses conseils pour éviter les mauvaises surprises en travaux
  • Et ses tips pour les jeunes pros qui veulent se lancer

Un épisode authentique, plein d’énergie et de bons conseils. Merci Lucie pour ta passion et ton franc-parler. Heureusement nous avons déjà prévu la ta prochaine intervention !


Retrouvez Lucie : 

Côté Batgirl Formation : SiteInstagram 

Côté MOE : SiteInstagram

#Podcast #Décopreneurs #Bâtiment #Architecture #Construction #WomenInConstruction #Inspiration #Parcours #Design

N’oubliez pas d’écouter l’épisode complet et de donner ton avis sur ton plateforme de podcast préférée.

Les chapitres :

00:00:00 – Introduction de l’invitée : Lucie Miklas
00:01:01 – Lucie Miklas : Parcours et choix de carrière dans le bâtiment
00:04:04 – Aider les femmes dans le secteur du bâtiment
00:06:29 – Défis rencontrés par les femmes dans l’architecture d’intérieur
00:10:45 – L’importance de la technicité et de l’audit de bâtiment
00:15:41 – La réalité des chantiers face aux attentes des clients
00:19:37 – Équilibrer les intérêts des clients et des entreprises
00:22:55 – Impact de la conjoncture économique sur le secteur du bâtiment
00:24:08 – Aborder les imprévus financiers et techniques sur un chantier
00:33:51 – Établir des prévisions financières et gérer les attentes des clients
00:45:55 – Réflexions sur les erreurs courantes des débutants

Transcription (par Autoscript)

Floortje (00:00:00.62 –> 00:00:36.64) : Aujourd’hui avec moi Lucie Miklas, elle est la bad girl du bâtiment j’ai envie de dire, on se connaît depuis très très peu de temps, je l’ai toujours suivi sur Instagram et puis à un moment ou à un autre on s’est trouvé sur l’archi-week-end, on n’avait pas assez discuté à ce moment-là parce qu’on était plutôt occupés, on s’est passé un coup de fil qui a duré honnêtement je pense des heures, je ne sais pas, on a dit salut, salut et puis c’est parti, clac, clac, clac, clac, clac, c’était génial, c’est quelqu’un vraiment qui sait de quoi elle est, elle parle, elle est dans le bâtiment depuis 20 ans et donc je suis plus que ravie qu’elle est là avec moi, salut Lucie !

Lucie (00:00:36.64 –> 00:00:53.48) : Salut Florent, je suis ravie aussi de faire cet épisode avec toi, bon je suis toujours moi dans cette démarche de partager mais je trouve que c’est toujours chouette, en plus tu dégages vraiment un dynamisme que j’apprécie beaucoup et je trouve que voilà, j’aime bien la spontanéité, tu vois le côté un peu, on ne se prend pas la tête et c’est un peu…

Floortje (00:00:53.48 –> 00:01:00.54) : Je prends, je prends, merci, merci ! ah non, mouton, tout de suite, est-ce que Lucie tu peux me dire…

Lucie (00:01:01.34 –> 00:04:01.68) : Comment t’es arrivée à être justement le bad girl du bâtiment ? Parce que ça c’est forcément, c’est un titre un peu instagrammable, génial, mais en même temps tu fais quand même un vrai boulot, explique-moi Oui, écoute, c’est vraiment un métier que j’ai choisi, alors on va dire par hasard, parce que finalement moi j’ai commencé par un bac électrotechnique, je voulais vraiment pas être dans la filiale, tu vois, tout ce qui est secrétariat, le monde un peu féminin, c’était pas pour moi, donc j’avais commencé par ça mais c’était pas du tout ça que je voulais faire, et en fait j’ai eu la chance d’avoir en face de moi un enseignant qui expliquait en quoi consistait le bac plus 2 du bâtiment, donc qui était effectivement plus sur des métiers de chef de chantier, conducteur de travaux, et du coup je l’ai fait en alternance, et c’est vraiment un métier que j’ai dit non mais c’est vraiment ça que je veux faire, et du coup je me suis battue parce que finalement il fallait que je rattrape tout le niveau que les autres avaient, qui avaient commencé par une filiale bâtiment, moi j’étais dans l’électrotechnique donc ça n’avait absolument rien à voir, je me suis vraiment battue pour pouvoir aller dans cette filiale-là, et j’ai réussi, et donc j’ai fait quelques années dans une grande multinationale où je gérais du terrassement jusqu’à la livraison d’appartements on va dire au standing, ensuite j’ai assuré les métiers de maître d’oeuvre et maître d’ouvrage au sein d’une collectivité, donc j’avais tout un parc immobilier à gérer, donc l’avantage c’est que finalement tu vois à travers tous ces métiers-là, j’ai eu l’occasion de voir pas mal de compétences, puisque dans le cadre de la maîtrise d’oeuvre et le maître d’ouvrage, les compétences de marché, la maintenance, donc ça te permet aussi dans le cadre de conception d’avoir des automatismes tu vois, dans le cadre de l’entretien, bon bref, mais voilà, j’étais face à des valeurs de travail qui n’étaient plus les miennes dans le monde du salariat, et je me suis dit non mais il faut vraiment que j’essaye en tout cas de changer quelque chose dans le monde du bâtiment, parce que c’est vraiment un métier ou un domaine qui, enfin je trouve ça magnifique de voir ce qu’on peut y faire, et donc du coup j’ai créé ma société de maître d’oeuvre, donc j’ai commencé par ça, et en fait est venue justement à travers les réseaux, je voulais communiquer justement à travers ce métier-là, un métier de passion, et est venue vraiment de par les réseaux des personnes, surtout des femmes qui venaient vers moi en me disant voilà j’ai cette difficulté, comment je dois le gérer, etc., etc., et en fait toujours avec ce besoin d’aider les autres, je tentais de leur donner des conseils, et finalement il s’est avéré qu’à travers des interactions que j’ai pu avoir dans des écoles d’architecture d’intérieur ou autre, c’est là que s’est posé l’envie, ou en tout cas le besoin, face à moi, en disant mais Lucie t’as pas une formation sur le suivi de chantier. Bon, c’était pas dans mes projets, mais finalement j’y ai pris goût, parce que je trouvais qu’il y avait une réelle transformation, enfin les nanas c’était une bouffée d’air plutôt, parce que de chaleur aussi, mais d’air aussi, à les aider justement dans ce métier-là, et finalement voilà, du coup derrière ça j’ai créé ma formation avec une autre entité d’entreprise, pour vraiment se faire cadrer, et faire les choses correctement, et du coup voilà, et à côté de ça j’aide les femmes au pilotage de chantier.

Floortje (00:04:04.14 –> 00:04:21.81) : ok deux questions, et donc du coup il y avait les deux dans la bouche et ça voulait pas sortir, un, pourquoi spécifiquement les femmes, et de deux, c’est quoi la première problématique avec laquelle les femmes arrivent ?

Lucie (00:04:24.08 –> 00:06:28.80) : Écoute, moi je sais que je suis une femme épanouie, dans mon métier. Et je me dis qu’à travers tout ce qu’on peut faire dans la vie, en tant que femme, je trouve qu’on mérite quand même d’être épanouie dans un métier. Et je trouve ça tellement remarquable que des femmes se donnent les moyens, et investissent en tout cas, pour s’épanouir dans un métier, que je me trouvais, si tu veux, dans une position où je me suis dit, je peux peut-être partager quelque chose pour permettre cet épanouissement-là. Parce que moi c’est vrai qu’on me pose toujours, et encore on me pose encore cette question, mais Lucie, entourée d’hommes, c’est pas compliqué, t’arrives à t’affirmer, voilà. Moi j’ai jamais eu, mais vraiment, j’ai jamais eu de soucis. Parce que j’ai toujours trouvé cette limite où j’avais l’occasion de rigoler un peu, etc. Mais on savait qu’à un moment donné, quand je parlais travail, ça restait cadré. Et finalement, souvent les gens, voilà, ils ont besoin d’un cadre. Et finalement, moi ça s’est toujours bien passé. J’ai toujours eu, enfin j’ai eu quelques couacs, mais justement j’ai pu recadrer les choses. Et c’est là que ça m’a permis aussi de savoir comment il fallait communiquer avec les hommes. Et finalement, ça m’a vraiment permis d’assurer mon professionnalisme auprès d’eux. Et ça se passe très très bien. Et je me dis si finalement, ces femmes qui n’ont pas pu connaître toute cette période, parce que moi j’ai vraiment, enfin j’ai commencé les pieds dans le béton. Donc vraiment, j’ai commencé par cette forme de respect où j’avais tendance à aider, à prendre un sac de ciment sur les épaules. Enfin voilà, je me mettais quand même à la hauteur et je pense que c’est ça qu’ils appréciaient. Mais au-delà de ça, je me suis dit, finalement, j’ai peut-être une manière de faire qui peut peut-être être expliquée pour permettre à ces femmes-là d’assurer une position sur le chantier. Et effectivement, la problématique que les femmes rencontrent aujourd’hui, c’est vraiment ce manque de légitimité. Alors, c’est lié souvent à un manque de technicité, parce que finalement, voilà, le manque de technicité, donc elle se repose beaucoup sur les ouvriers et finalement, sur un rôle où on est sur de la conception et de la maîtrise en soi. Quand on nous pose une question, on n’est pas censé, enfin, on n’arrive pas à y répondre. Forcément, à un moment donné, inconsciemment, on a notre manque de légitimité qui remonte à la surface. Et finalement, ça se voit sur notre visage. Et finalement, parfois, les hommes en particularité, parce qu’il y en a beaucoup sur les chantiers, ils savent, ils le savent, ils le voient, ils le savent, ils en profitent parfois.

Floortje (00:06:29.64 –> 00:06:35.02) : Est-ce que ça veut dire, indirectement, que tu estimes que quand on sort de l’école d’architecture d’intérieur,

Floortje (00:06:37.34 –> 00:06:40.84) : on n’a pas tous les clés en main pour pouvoir gérer un chantier ?

Lucie (00:06:42.52 –> 00:08:58.56) : Pour être honnête avec toi, oui. Moi, justement, c’est… J’aimerais bien que tu sois honnête. Non, on n’était pas là pour se mentir, allez. Non, mais après, voilà. Moi, c’est ce que je dis, je retire en rien ces écoles, parce que c’est ce que j’ai toujours dit, même à mes élèves. Je dis, je… Je ne casserai jamais du sucre sur le dos de ces écoles, parce qu’ils permettent encore aujourd’hui à des femmes de toucher un métier qu’elles ont peut-être toujours voulu faire, ou en tout cas, leur donner la possibilité de s’épanouir. Et moi, si tu veux, j’ai pris ce pas, en tout cas, de vouloir créer cette formation, parce que, justement, j’ai eu un certain combat avec ces écoles-là, à travers des interactions que j’ai pu avoir avec elles, sur des masterclass, des choses comme ça, parce que, moi, je leur dis, vous avez la responsabilité de leur vie entre vos mains. C’est-à-dire qu’en fait, même si toutefois, vous ne voulez pas vous lancer à leur… Régner un suivi de chantier, parce que c’est vrai qu’aujourd’hui, on s’en rend compte, c’est ce qui aussi permet d’avoir… Voilà, d’assurer un certain chiffre d’affaires. Finalement, la consécration, aujourd’hui, ce n’est pas ce qui fait vivre seulement. Non. Et je dis, au moins, essayez de les prévenir, sécurisez-les, parce que là, finalement, vous leur dites que le suivi de chantier, c’est possible. Oui, et encore, parce que finalement, il y a encore d’autres domaines, que ce soit les assurances, etc., qui viennent chambouler certaines choses, mais je dis, au moins, prévenez-les, préparez-les, avant qu’elles prennent, justement, le pas de l’entreprenariat, parce qu’en fait, vous leur vendez quelque chose qui est très compliqué à gérer. Si on n’a pas un caractère dur à essayer de travailler dur le soir pour essayer d’apprendre la technicité ou autre, parce que ça se répercute aussi sur la conception. Tu vois, moi, j’ai l’habitude, et c’était un peu aussi mon intérêt, de me dire, je voulais créer un écosystème autour de mon métier pour faire en sorte que, finalement, celle à qui je peux enseigner le suivi de chantier, je puisse peut-être travailler avec elle, pour aussi, d’autant plus, appuyer ce que je peux leur enseigner. Parce que, finalement, on me demandait, est-ce que, Lucie, je peux venir sur chantier avec toi ? Je ne dis pas. C’est vrai que j’ai tenté à quelques reprises de le faire, mais c’est très, très complexe à gérer. Donc, finalement, j’ai trouvé ce contrôle. Je me suis dit, finalement, quand j’ai des missions, je les propose à mes élèves, et puis, finalement, si ça leur intéresse, on travaille ensemble, et ça me permet de les challenger un petit peu. Et c’est là où je me rends compte que, finalement, dans le cas de la conception, oui, c’est très bien ce qu’ils font. Après, ça a besoin de créativité. Bon, ça, là-dessus, il n’y a pas de souci. Mais, finalement, des fois, calquer la technicité sur leur conception avec la réalité du chantier, finalement, on se voit dans des difficultés un peu… Voilà, techniquement, impossibles, si tu préfères.

Floortje (00:08:59.88 –> 00:09:16.04) : Oui, je comprends. Et ça veut dire que, quelque part, même à la conception, on n’est pas forcément, même si on a fait un… Et là, je parle quand même d’une vraie école d’architecture d’intérieur, pas le truc qu’on fait en 90 jours sur Internet.

Lucie (00:09:16.30 –> 00:09:16.78) : Tout à fait.

Floortje (00:09:17.24 –> 00:09:20.62) : Déjà, à la conception, on peut déjà avoir des petits soucis techniques.

Lucie (00:09:20.98 –> 00:10:43.92) : Oui, exactement. Et même, tu vois, c’est curieux parce que, moi, j’aurais tendance… Alors, c’est ce que je dis souvent à mes élèves. Vous savez, moi, je me donne le rôle, en tout cas, de vous expliquer les bases pour vous sécuriser. Donc, c’est-à-dire les bases techniques, les bases du marché, les bases de la partie gestion en tant que telle. Mais je dis, en fait, la meilleure école, c’est le chantier. Parce qu’en fait, il va y avoir des automatismes. Parce que, finalement, des fois, elles sont capables de me dire, mais Lucie, on a l’impression que c’est tellement facile pour toi. Je dis, oui, mais écoute, ma chérie, moi, quand je vais sur chantier et qu’il y a quelque chose que je ne connais pas, je suis capable de rester sur le chantier pendant 3-4 heures. J’ai mon ordi avec moi, je me fais des poses, je fais des petits mails, etc. Mais je reste sur le chantier. Parce qu’en fait, automatiquement, tu vas avoir une manière de poser les choses qui, finalement, quand tu vas faire ta conception, tu vas dire, ah oui, mais attends, là, si je le pose de cette manière, là, ça va être compliqué parce que, quand j’ai fait mon audit du bâtiment, je sais que là, j’ai une poutre, je sais que là, j’ai un plancher de tel type, de tel type. Le gars, quand il va devoir piocher, là, ça va être contraint. Donc, il va falloir peut-être que je le voie différemment. En fait, tu as des automatismes qui viennent et qui, finalement, tu peux le projeter sur ta conception. Alors, moi, je n’ai pas tendance à dire que, finalement, je suis la meilleure en tout. Je fais aussi des erreurs, mais justement, je trouve que c’est les erreurs qui te permettent d’apprendre, surtout dans ce métier. Mais je pense qu’aujourd’hui, il est toujours mieux d’apprendre une partie de la technicité pour, justement, projeter une conception qui est réalisable. Parce que les grosses problématiques du suivi de chantier, elles arrivent là. C’est parce que, parfois, entre la conception et la réalité, en fait, il y a énormément de complications.

Floortje (00:10:45.60 –> 00:11:11.76) : Voilà. -ce que tu penses que le fait qu’aujourd’hui, nos métiers, le tien comme le mien, sont extrêmement… Je n’ai plus envie de dire plesbicité, parce que, de toute façon, c’est un mot que j’ai du mal à dire. Mais est-ce que vraiment, quand je regarde aujourd’hui, par exemple, sur tout ce qui est Instagram, Pinterest, etc., tout est beau, tout est magnifique, tout est propre.

Floortje (00:11:13.88 –> 00:11:52.48) : Maintenant, entre la technicité… Et ce qu’on montre, finalement, est-ce que tu ne penses pas qu’il y a, aujourd’hui, un trop gros non-dit ? Dans la mesure où on a l’impression que c’est facile, en fait. Mais c’est hyper facile de monter une cuisine. Ah ben non ! Dans la réalité, ça ne l’est pas. C’est hyper facile de mettre des gros carreaux dans une salle de bain. Oui. Mais, en réalité, il faut quand même réfléchir à deux, trois petits trucs. Sur les réseaux, ouvertement, j’ai l’impression qu’on met très rarement, en fait, le droit de l’éducation. Le droit là-dessus. Tant qu’une fois qu’on met les pieds sur le chantier, c’est plus compliqué.

Lucie (00:11:53.52 –> 00:15:41.42) : Oui, mais complètement. Et tu sais, moi, justement, j’apprends aussi à mes élèves à savoir auditer un bâtiment. C’est-à-dire que moi, je pars du principe, avant même de réfléchir à la conception, il faut que tu connaisses le bâtiment. Ce que je dis, en fait, vous êtes un peu les médecins du bâtiment. Le médecin, quand tu vas le voir, tu vas lui dire que tu as un mal à un endroit, lui, qu’est-ce qu’il va faire ? Normalement, s’il est bon, parce qu’ils ne sont pas tous comme ça. Mais en tout cas, il va te poser des questions pour essayer de voir s’il n’y a pas eu un chamboulement, si tu as changé ton alimentation, si tu as fait plus de sport, si ceci, c’est cela, pour essayer de trouver la cause et après la traiter. Et moi, c’est ce que je dis, aujourd’hui, même si toutefois, on vous demande une conception, vous, il faut que vous puissiez comprendre le bâtiment. Il faut que vous le connaissiez par cœur. C’est-à-dire que vous devez être capable de dire le bâtiment, il est construit en parfum, en pierre, OK. Quand je vais faire ma conception, je vais changer le doublage. Je suis en position d’avoir un matériau en pierre, je ne peux pas traiter l’isolation de la même manière qu’avec un mur en porc. Et en fait, ça va, en tout cas, peut-être aussi, certaines fois, régler des soucis d’humidité, de remontée par capillarité. Enfin, il y a des choses, voilà. Et moi, c’est ce que je dis, en fait, c’est bien de comprendre la technique, c’est bien de savoir conceptualiser un projet, mais il faut d’ores et déjà savoir auditer un bien. Parce que même si toutefois, et puis même aujourd’hui, je pense que même de par les réseaux, les clients cherchent de l’humain et du vrai. Ils ne veulent plus du beau. À l’époque, on était sur un principe de oui, du beau, peu importe le prix, etc. Mais là, aujourd’hui, de par la conjoncture, ça a un certain coût, surtout d’autant plus encore aujourd’hui. Et en fait, les gens ne veulent plus du oui, oui, oui, ne vous inquiétez pas, on va s’en occuper. Ils veulent vraiment du vrai. Donc, moi, c’est ce que je dis, quand on audite un bâtiment, on est capable, dans un premier temps, quand on assure un rendez-vous avec un client, de savoir lui dire, parce que vous avez en tête, oui, c’est réalisable, que ce soit au niveau de l’urbanisme, au niveau technique et autres. Suite à ma visite d’audit, dites, attention, parce que vous voulez des choses comme ci, comme ça, là, il risque d’avoir un point sensible. En fait, tu te permets de lui projeter les possibilités sans lui dire peut-être que ce n’est pas possible, mais lui dire, attention, là, on risque d’avoir une complication. Et en fait, il se sent d’autant plus rassuré parce qu’il se dit, ah ouais, du coup, elle a vraiment soulevé tous les points sensibles, elle sait, elle va le savoir, les traiter, etc. Et on va savoir faire quelque chose qui peut être vrai. Elle est compétente. Voilà, exactement. Et s’assure une compétence. Et je pense qu’aujourd’hui, finalement, le fait de manquer de légitimité ou en tout cas de ne pas se sentir à l’aise dans ce métier, que ce soit sur toute technique, tu vois, de savoir auditer, etc., finalement, on a cette crainte de paraître non professionnel face à ton client. Et du coup, le seul bouclier que tu peux avoir, c’est de dire au client, oui, oui, ne vous inquiétez pas, on peut le faire. Moi, combien de fois il y a les élèves, parce que moi, je continue à les suivre après ma formation, si tu veux, qui permet qu’à chaque fois qu’elles gèrent des chantiers, elles puissent continuer à poser des questions où je peux les aiguiller, les conseiller, etc. Et finalement, là, je suis contente parce qu’elles prennent le vrai réflexe en me disant, OK, Lucie, là, j’arrive sur un premier projet, je ne dis pas oui au client, mais du coup, je l’audite, je suis face à telle ou telle configuration, qu’est-ce que tu me conseilles, etc. Et c’est ça, en fait, c’est de prendre le bon réflexe, de se dire aujourd’hui, vous êtes les médecins du bâtiment, on vous demande une conception pour l’embellir, mais avant tout, il faut que vous arriviez à savoir s’il y a des mots quelque part que vous pouvez aussi régler de par la conception. Et c’est des réflexes qui s’apprennent, qui s’acquièrent aussi au fur et à mesure des années parce que tu vas apprendre des techniques, tu vas voir des choses, etc. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais effectivement, je pense que la technicité aujourd’hui, on a du mal effectivement à dire non au client. Moi, des fois, sur des visites, je dis non, monsieur, là, ce n’est pas possible. Oui, mais pourquoi ? Parce que j’arrive à le justifier. Mais finalement, quand toi, tu n’arrives pas à le justifier, forcément, tu te sens un peu… Donc finalement, tu dis bon, oui, oui, ça peut se faire, écoutez, on va regarder. Non, ce n’est pas ça. C’est tout. Tu dois être capable de dire oui ou non et pourquoi le raisonner. Tu vois ?

Floortje (00:15:41.42 –> 00:16:12.08) : Oui. Est-ce que tu penses que le fait… Parce que tu as parlé de la conjoncture, du fait qu’effectivement, il y a la demande du vrai, il y a aussi la demande de plus de technicité. Est-ce que ça vient aussi pour toi des années un peu fastes qu’on a eues entre 2018 et 2023, 2024, où en fait, il y avait du travail pour tout le monde dans le bâtiment, n’importe qui pouvait le faire avec n’importe quel degré de technicité ?

Lucie (00:16:12.46 –> 00:19:36.50) : Tout à fait. Écoute, moi, je l’ai vu toutes ces années, parce que bon, comme tu l’as dit, ça fait 20 ans, j’ai vu énormément d’évolutions, je discute énormément avec les entrepreneurs. Alors, il y a un bien comme un mal dans toutes ces années-là, c’est-à-dire qu’effectivement, avant, il y avait beaucoup de travail pour chacun, donc c’est là où il y avait du profit parce que finalement, les gens avaient beaucoup de… enfin, beaucoup d’argent, ils avaient de l’argent pour ce qu’ils demandaient. Aujourd’hui, effectivement, alors, on est dans une conjoncture où les travaux coûtent cher. Alors, les gens veulent du coup payer moins et avoir beaucoup plus. Ce qui engendre justement des entreprises qui ne sont pas sérieuses dans un premier temps et dans un second temps, c’est qu’effectivement, les entreprises qui sont sérieuses, finalement, c’est les clients qui ne sont pas sérieux dans les paiements. Moi, j’ai vu énormément d’entreprises, vraiment, et ça m’a fait mal au cœur, de se dire que c’est des gens qui avaient des mains en or et finalement, de par le fait que les clients n’ont pas été corrects, n’ont pas payé en temps et en heure, etc., ils ont déposé le bilan. Alors, ça fait plus de boulot pour les autres, mais beaucoup trop de boulot pour les autres et en fait, les entreprises, maintenant, elles deviennent vraiment surbookées, surtout les entreprises qui vraiment… Les bons, hein. Voilà, les bons. Donc, c’est vrai qu’aujourd’hui, c’est très compliqué et c’est vrai qu’aujourd’hui, moi, je sais que toutes celles qui sont autour de moi, elles se contentent d’avoir une ou deux entreprises, soit sur qui compter. Mais je dis, sachez-le, du jour au lendemain, elle peut être très bonne, mais elle peut mettre la clé sur la porte du jour au lendemain. Et le jour où elle vous dépose le bilan, vous êtes tout seul. Donc, il faut que vous ayez la capacité d’agrandir votre carnet, avoir la capacité de dire si une entreprise, elle peut être bonne ou pas. Alors, ce n’est pas simple, je ne le cache pas. Après, c’est vrai que moi, c’est facile pour moi, entre guillemets, parce que j’ai des automatismes, je sais comment les entreprises résonnent. Voilà, ils ont des petites tactiques, je les connais. Parce que justement, voilà, parce que je discute avec eux, parce que voilà, je prends le temps aussi avec eux d’essayer de comprendre leurs difficultés parce qu’ils ne sont pas tous de mauvaise… Après, il faut se mettre en tête qu’une entreprise, elle est créée pour gagner de l’argent. Ce n’est pas… Elle fait du travail, elle paie ses ouvriers, hop, il y a zéro. On sait très bien qu’une entreprise, de base, elle doit gagner de l’argent. Après, il faut que ce soit quand même pas démesuré. Voilà. Ça, c’est une réalité de la vie. Il faut arrêter de dire… Il faut essayer de tirer les prix auprès des entreprises. À un moment donné, il faut qu’ils arrivent à vivre aussi, tu vois. Mais au-delà de ça, moi, je trouve que c’est quand même important d’accompagner l’entreprise et faire en sorte de lui donner envie de travailler avec soi, mais aussi de lui dire que finalement, tu ne vas pas pouvoir me la faire à l’envers. Moi, il y a des entreprises que je découvre, mais des fois, il y a même des clients qui m’appellent parce que l’entreprise a déjà commencé, que finalement, elles sont face à des difficultés, etc. Moi, je leur dis, écoutez, avant de vous donner ma prestation, je vais aller voir l’entreprise. Donc, je viens sans qu’ils le sachent, déjà pour voir comment ils travaillent. Puis, le mec qui est sur place, je lui pose des questions techniques, comment tu vas gérer ci, comment tu vas gérer ça, et de la manière comment il va me répondre, je vais lui dire oui. Effectivement, il a l’air d’être professionnel. OK, on va se lancer, mais parce que je suis dans un accompagnement de l’entreprise. On travaille en équipe. Et je pense qu’aujourd’hui, c’est ça. Ce n’est pas de dire, ah ben non, ce n’est pas mon problème, c’est tiens, tu te débrouilles. Non, c’est que finalement, on est dans le même bateau. Parce que l’entreprise, elle a quand même une force sur le chantier, ça, il faut l’entendre. Elle a une force sur le chantier. Parce que du jour au lendemain, si elle ne vient pas, c’est vous qui êtes dans la panade. Donc, à un moment donné, il faut trouver un compromis de dire OK, chacun son boulot, on est une équipe, on travaille ensemble pour arriver au bout du projet. Mais après, il faut savoir effectivement mettre des limites et que chacun sache ce qu’il doit faire, etc., etc.

Floortje (00:19:37.22 –> 00:19:55.29) : Et toi, pour le coup, tu es un peu celui qui est entre les clients parce que quelque part, tu es payé par les clients. Donc, l’intérêt du client prime. Oui, tout à fait. Tout à fait. Toujours. Et en même temps, tu travailles main dans la main avec l’entreprise. Tout à fait. Ce n’est pas un peu

Lucie (00:19:55.29 –> 00:19:56.11) : ce qui te souffre,

Floortje (00:19:56.19 –> 00:19:57.13) : en tant que toute ?

Lucie (00:19:58.27 –> 00:21:02.99) : Alors, écoute, pour être honnête avec toi, pas tant que ça parce que finalement, alors moi, tu sais, quand je commence une réunion ou voire même quand je commence une prestation avec mes clients, genre, tu le savais, moi, j’aime la justice. Je déteste l’injustice. C’est vrai, c’est vraiment quelque chose qui me pèse, tu vois. C’est-à-dire qu’à partir du moment où je trouve que le client, il abuse sur l’entreprise, je suis capable de lui dire, de dire, non, là, vous abusez. Parce que finalement, je suis capable, justement, parce que je suis carré, que sur les comptes rendus, je note chaque décision, chaque chose offerte, etc. Parce qu’à un moment donné, je dis, attendez, et d’ailleurs, il y a encore un chantier récent, ça a été le cas, l’entreprise n’a cessé de lui donner, de lui offrir des choses, des prestations. Parce que le client dit, ah, ça, est-ce qu’on peut faire ça en plus ? Et puis, ce n’est pas des petites prestations. Donc, l’entreprise a dit, écoutez, je vais vous faire parce que j’aime bien faire les choses propres, carrées. Si ça peut vous dépatouiller, OK, je vous le fais, etc. Et à la fin du chantier, il était capable de rechiner sur des petites bricoles. Alors que je ne trouvais pas ça juste parce que ce n’était pas prévu de base. Donc, finalement, j’ai pesé les choses. Je lui ai dit, non, mais attendez, est-ce que vous voulez que je vous rappelle qu’il y a ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça qui vous a offert ? J’ai dit, à un moment donné, il faut savoir trouver un compromis et il faut être juste, parfois. C’est là que le client dit, ah oui, c’est vrai que j’avais oublié. Oui, vous avez raison,

Lucie (00:21:09.53 –> 00:22:54.49) : de ramener un gars pour faire juste un joint ou quelque chose qui n’est pas forcément prévu de base. Donc, si tu veux, moi, j’ai toujours tenté de trouver cette justesse. Ou même après, par exemple, à l’entreprise, c’est pareil. Moi, quand il va me dire, ah ben là, il faut que je fasse un test. Non, mon coco, là, tu ne vas pas faire un test parce que tu as ça, ça, ça, que tu devais et que le client a accepté de te laisser faire comme ça. Donc là, non, tu ne feras pas de test. Donc, finalement, quand tu arrives, et le problème, il est là, c’est qu’il faut avoir les arguments. Parce que ce n’est pas juste dire oui ou non. C’est dire, mais le pourquoi pour que ça se justifie. À partir du moment que ça se justifie, les gens, en fait, ils ne tergiversent pas dessus. Oui, bien sûr. Donc, moi, je tente toujours d’assurer cette justesse-là. Alors, évidemment, des fois, c’est un peu complexe, c’est un peu prise de bec, etc. Mais on arrive toujours à un moment donné, quand on se met tous autour de la table, on arrive toujours à trouver un terrain d’entente. Mais effectivement, nous, on est un peu, entre guillemets, l’avocat du diable. Effectivement, payé par le client, mais ça ne justifie pas. Moi, je dis toujours au client, vous me payez, je défendrai vos intérêts. Effectivement, même quand il y a des TS, je suis capable de dire à l’entreprise, non, mais là, tu rigoles, là, ce n’est pas le prix du marché, ça, c’est trop cher, tu abuses, etc. Donc, moi, je suis là pour défendre les intérêts du client. Donc, dans ce cadre-là. Par contre, effectivement, quand il y a de l’injustice, parce qu’il y a du profit de l’un ou de l’autre, moi, justement, étant l’intermédiaire entre les deux, je suis capable de dire, non, ce n’est pas comme ça que ça va se passer. On va se mettre autour de la table et on va discuter entre adultes. Des fois, c’est facile, tu sais. L’autre a le cœur, il se dit, oui, est-ce que vous pouvez demander ça à l’entreprise ? Oui, je vais voir. Mais des fois, je dis, non, non, là, ce n’est pas possible parce que moi, lors de la question, je me mets dans une mauvaise posture parce que finalement, après, justement, comment tu veux justifier ta posture auprès de l’entreprise si à un moment donné, tu lui fais comprendre que tu es là à toujours essayer de négocier parce que le client te l’a demandé ? Oui, bien sûr. Là, ce n’est pas simple. Donc, voilà.

Floortje (00:22:55.13 –> 00:22:55.85) : Ça, je comprends.

Floortje (00:22:58.13 –> 00:23:05.47) : Dernière fois, tu as vu la plus grosse différence entre ce qui était proposé en Pinterest et ce qui était possible sur le chantier ?

Lucie (00:23:09.00 –> 00:23:10.58) : Alors, sur mes chantiers,

Lucie (00:23:12.80 –> 00:24:06.94) : écoute, pour tout te dire, je crois qu’il y en a surtout un récemment où effectivement, il y a eu la nécessité de reprendre un plancher bois. C’est-à-dire qu’en fait, on avait cassé le faux plafond. Le faux plafond, un ancien plancher en bois où il y avait une ancienne trémie d’escalier qui avait été rebouchée comme ça et que finalement, par rapport à l’aménagement du dessus, en fait, on s’est vu que le plancher, enfin, pour moi, il était sensible quand même. Donc, j’ai appelé le BE, on a vu, etc. Et effectivement, on s’est dit, non, il faut le renforcer. Donc là, effectivement, ça a été assez complexe parce que c’est quand même des travaux qui ont été quand même relativement coûteuses parce que ça a nécessité un renfort, mais en plein milieu de la pièce, donc forcément un poteau, forcément une reprise en sous-oeuvre. Enfin, bon, moi, je ne sais pas de ces détails. Mais finalement, ça a été quand même une… Donc, si tu veux, ben voilà. La conception était complètement chamboulée parce qu’il y a énormément de choses qui ont dû être revues, finalement. Parce que bon, un poteau en plein milieu, bon, c’est jamais simple, mais bon, quand on n’a pas le choix, voilà.

Lucie (00:24:08.98 –> 00:24:50.66) : Mais finalement, si tu veux, surtout cette enveloppe financière qui a eu un impact vraiment sur le projet, j’ai eu cette conversation auprès des clients en disant, sachez-le, ce n’est pas parce qu’il y a cette difficulté financière qu’on ne va pas arriver à trouver une solution, c’est-à-dire que, OK, oui, vous allez devoir faire des concessions sur certaines choses, mais votre sécurité prime parce que, moi, il est hors de question que je prenne la responsabilité que dans six mois, on puisse me dire qu’il y a un plancher qui s’est affaissé et que finalement, ça a mis en danger des enfants parce qu’il y avait les chambres des enfants, en fait. Voilà. Donc, je dis, sachez-le, la prise de décision, là, elle est sur votre sécurité. Après, les choses qu’on serait amenées à où vous devriez faire une concession sur des prestations, rien ne vous empêchera de les faire plus tard.

Floortje (00:24:51.75 –> 00:25:00.93) : Oui, bien sûr, parce qu’ils ont déjà été conçus et que, du coup, ça nécessite uniquement, effectivement, l’investissement travaux de leur part. Voilà.

Lucie (00:25:01.17 –> 00:25:41.15) : Donc, moi, si tu veux, j’ai été dans une démarche où je dis, ne vous inquiétez pas, vous voulez ça, on va projeter ça, on va essayer de vous préparer cela pour que, finalement, le budget de ce poteau puisse être pris sur votre budget de base de travaux, mais que, finalement, les autres choses, vous n’ayez pas grand-chose à faire plus tard, mais que vous puissiez les faire quand même. C’est vraiment dans le temps que ça va s’organiser différemment. Donc, après, c’est vrai que c’est de l’humain, malheureusement, et puis c’est le financier aussi, il faut savoir aussi, en tant que pilote de chantier, de trouver des solutions, de ne pas dire, écoutez, c’est comme ça, ce n’est pas autrement, c’est d’être dans l’entraide et de dire, attendez, on va poser les choses sur la table, on va réfléchir ensemble, on ne va pas vous laisser prendre une décision juste financière, il faut savoir aussi projeter les choses qui peuvent être réalisables ou non, tu vois. Du coup,

Floortje (00:25:41.17 –> 00:26:06.47) : ça nous amène tout simplement sur la discussion financière. On a tous, tous, je dois dire, parce que, bon, eu parfois une problématique de communication financière. Qu’on le veuille ou pas, parfois la personne en face n’est pas forcément prête à l’entendre. qui m’arrive encore régulièrement, c’est les gens qui googlisent le prix des travaux.

Lucie (00:26:08.49 –> 00:26:11.91) : ‘est marrant, moi j’ai lu le cas récemment, je te l’expliquerai, mais vas-y, je te laisse finir.

Floortje (00:26:11.99 –> 00:26:14.81) : Oui, mais non, parce que, parce que non, en fait,

Floortje (00:26:16.92 –> 00:26:36.90) : beaucoup de choses ne sont pas forcément prises en compte et cette première discussion est une discussion financière. Comment, toi, tu l’abordes ? Déjà, pour commencer avec, parce que toi, ton premier contact est toujours le client final. Et donc, du coup, c’est quoi pour toi, au départ, qu’est-ce que tu mets tout de suite à plat financièrement avec eux ?

Lucie (00:26:38.34 –> 00:26:57.08) : Alors, financièrement, bon, effectivement, c’est ma prestation. Donc, c’est vrai que nous, moi, ma prestation, elle est vraiment définie par rapport aux différents types de missions. T’as effectivement toute la phase conception où t’as l’APS, l’APD, enfin voilà, toute la partie conception puis après, t’as le suivi. Mais si tu veux, suivi, par exemple, alors je donne un, voilà, on est là, je te partage des petits tips aussi pour ta communauté. C’est pour ça que t’es là, quoi.

Lucie (00:26:59.96 –> 00:28:40.30) : tu vois, par exemple, et ça, mes élèves le savent et commencent à le mettre en place, c’est que finalement, dans une mission de suivi de chantier, il faut savoir que la mission de direction d’exécution de travaux et la mission d’OPC, donc d’ordonnancement, pilotage et coordination, c’est deux missions différentes. C’est-à-dire que moi, aujourd’hui, j’ai des clients, quand je leur fais signer ma prestation, la mission d’OPC, elle est, en option, c’est-à-dire qu’elle se rajoute à mes prestations si toutefois, ils veulent la faire. Je t’explique la différence entre les deux. La direction d’exécution de travaux, c’est vraiment quand elle est là pour s’assurer que les entreprises respectent bien ton cahier des charges de base de la conception. Oui. D’accord ? La mission d’OPC, elle est là pour, comme elle est intitulée, ordonner, piloter et coordonner les entreprises. Donc c’est vrai que moi, par exemple, je prends le pli et je dis souvent à mes élèves, arrêtez toujours de vous reposer sur une seule et même entreprise tout corps d’État. Essayez toujours d’avoir au moins deux, voire peut-être trois. Évidemment, ça vous donne plus de travail, mais je pense que chacun a sa particularité, sa spécificité et c’est surtout que s’il y en a une qui fait un abandon de chantier ou qui a un litige qui va, ça n’empêche pas que les autres puissent avancer. Et ça, voilà, on avance quand même le projet. Mais au-delà de ça, donc moi, si tu veux, j’explique aux clients, j’ai écouté, la mission d’OPC, elle est en option parce que vous n’êtes pas obligés de la prendre. En revanche, cette mission, elle sert à quoi ? Elle sert à coordonner les entreprises, c’est-à-dire que moi, à partir du moment où je fais ma visite de chantier, je m’assure techniquement que les choses sont faites dans les règles de l’art, entre guillemets, mais si toutefois, il faut appeler l’électricien pour qu’il vienne après dans une semaine parce qu’on a avancé ceci, cela, toute cette coordination, en fait, elle est faite par cette mission-là. Donc, si vous ne me la prenez pas, c’est à vous de vous en charger. Tout ce qui est pénalité de retard, etc., c’est dans la mission d’OPC. Donc, c’est à vous

Lucie (00:28:45.38 –> 00:31:24.42) : d’avoir une mission d’OPC supplémentaire sur ma mission de base. Tu vois ? Donc, ça t’apporte quand même du chiffre d’affaires supplémentaire. Mais en tout cas, c’est ce qui assure en tout cas un suivi plus complet parce que quand tu fais ta visite de chantier, tu dois vérifier la partie technique qui assure effectivement par rapport à ta conception que les choses sont bien mises à bon endroit, voilà, et aussi, tu as la coordination où finalement, c’est à toi d’appeler l’entreprise et puis à un moment donné, s’il y a le retard, tu dis attends, mon coco, tu as signé ton marché, attention, je te préviens, ça fait plusieurs fois que je te préviens et que tu passes à l’as, la prochaine fois, la pénalité, je te les applique, etc., qui assure aussi un état du suivi de chantier, surtout financier parce que le rôle du pilotage de chantier, c’est aussi d’assurer à ton client un suivi financier, c’est-à-dire que tu as ton prix du marché, ensuite, tu as tes situations qui viennent en découler d’entreprise, ensuite, tu as tes travaux supplémentaires qui peuvent se rajouter également. Donc, si tu veux, tu dois faire cet état financier et tu as également aussi derrière ça, si tu dois lui impliquer des pénalités, d’indiquer cela. Ça permet au client, en fait, à chaque fois, d’avoir un état financier, de savoir où il en est, qu’est-ce qu’il a déjà payé, qu’est-ce qu’il lui reste à payer, combien ça lui englobe, en tout cas, le projet avec ses travaux supplémentaires, etc. Donc, si tu veux, voilà, il faut savoir faire deux missions différentes. Alors, je dis que ça peut paraître complexe parce que ça change les habitudes des architectes d’intérieur, mais je pars du principe qu’à partir du moment où tu fais du suivi de chantier, il faut que tu sois d’équerre sur les missions, en fait. Nous, on est bordés quand même par ces obligations-là, d’avoir vraiment des missions DET, OPC. Alors, on a aussi la mission de visa, par exemple. C’est-à-dire que nous, on est payés aussi par le client si toutefois, à travers le chantier, il y a des études à valider, par exemple, un BE. Tu dois être en capacité de lire le rapport du BE. Combien de fois, moi, des fois, les rapports du BE, des fois, tu sais, ils ne se prennent pas la tête, ils vont te faire une note de calcul et puis ils vont te prévoir quelque chose d’énorme pour s’assurer que le truc va tenir. Sauf que moi, quand je lis le rapport, je dis non, mais là, tu es gentil, mais ça ne va pas le faire du tout. Moi, je suis dans l’échange, mais je vérifie et je mets un visa comme quoi après, je suis d’accord sur ce qu’ils projettent. Donc, tout ça pour te dire que finalement, pour répondre à ta question, moi, je sais que je projette vraiment quelque chose de clair dès le départ avec le client. Oui, dans le cadre de mon contrat de service, chaque mission est étayée par des clauses, par des limites de prestations, etc. Pour vraiment que le client, il sache ce sur quoi cette mission se repose. Donc déjà, moi, je trouve que ça clarifie vraiment dès le départ la partie financière. Parce que des fois, les clients, tu leur envoies un devis, même si c’est des forfaits ou des voilà, le client va dire oui, mais ça correspond à quoi ? Et quand tu dois, en plein milieu du suivi de chantier, il te dit oui, mais ça, c’était pas prévu, ça, c’est à vous de gérer. Comment tu vas le justifier ? Oui, bien sûr. Donc, à partir du moment où tu as ton contrat qui est clair, tu as la capacité aussi de dire attendez, monsieur, c’est vous qui avez signé, c’est bien marqué là comment ma limite de prestation

Lucie (00:31:29.72 –> 00:32:18.94) : est-ce que tu as raison ? Parce que des fois, tu sais, tu as les clients qui vont te rajouter de la prestat. Ah ben, vous pouvez, du coup, on va prévoir la salle de bain en plus, on va faire ceci, on va faire cela. Oui, pas de souci, monsieur, je vous fais un avenir de mon contrat. Ben, pourquoi ? C’est pas prévu dans votre prestation ? Non. La prestation était prévue sur le projet que vous m’avez initialement demandé. Moi, aujourd’hui, sur mon contrat, c’est bien indiqué qu’au-delà d’un certain montant, après, il y a toujours des compromis, tu vois, des fois, je l’applique dans mon marché quand je suis dans la rédaction du marché, ce n’est pas très grave. Mais si tu veux, je ne vais pas lui faire un avenir de mon contrat pour 3 mètres carrés. Je leur dis bien au départ, par contre, à partir du moment où ça excelle un niveau de prestation financière, là, par contre, je fais un avenir de mon contrat. Ça assure aussi une difficulté par rapport à soit les matériaux qu’il veut utiliser ou la technicité, bref. Donc, voilà, je ne sais pas si j’ai répondu à ta question, Florent, parce que…

Floortje (00:32:19.82 –> 00:33:51.08) : Non, mais… Mais c’était une hyper attention parce que, tu sais, moi, je touche, je suis une personne que je ne touche pas forcément au chantier. Je travaille avec des architectes justement pour cette partie-là puisque moi, je n’ai pas de décennale, donc je n’y vais pas. C’est assez simple. Et moi, ces termes-là, pour moi, tu dis, globalement, les clients disent « Ah, est-ce que vous pouvez m’apporter un maître d’œuvre ? » D’accord. Et c’est juste une… Moi, je fais la conception. D’accord. Le maître d’œuvre a une entreprise générale et puis, voilà. Donc, j’ai appris beaucoup de termes que je ne connaissais pas. D’accord. Ce qui est quand même vachement cool. Oui. Maintenant, est-ce que… Parce que là, tu m’as parlé du parti chiffrage, en fait, de ta part. Oui, tout à fait. De ton offre à toi. La question que les clients posent beaucoup plus au départ d’un projet, c’est de dire combien ça va me coûter au niveau des travaux. Et c’est là où tu dois avoir une vraie valeur ajoutée et comment… Parce qu’il y a deux types de clients. Il y a ceux qui ont un gros projet mais qui ont très peur de poser l’argent. C’est la question. Il y a ceux qui… Ah non, il y en a même trois. Il y a ceux qui communiquent leur budget mais qui font des petites mensonges entre 15 et 20 % parce qu’ils sont trop peurs que tu dépenses tout. Et puis, tu as ceux qui disent c’est ça le budget, j’ai regardé sur Internet, ça doit à peu près être bon. Courage. Oui. Toi, là-dedans, qu’est-ce que tu as comme petite formule, comme chose, comme machin pour justement tout de suite

Lucie (00:33:51.08 –> 00:40:58.00) : mettre sur la table ça ? Alors, tu sais, moi, j’ai pris l’habitude… Alors, c’est vrai qu’après, c’est en fonction des clients. Donc, c’est-à-dire que moi, tu vois, je dorsais déjà quand un client me trouve sur Internet, par exemple, je leur fais un appel découvert. Au cadre de cet appel découvert, je récupère des informations liées à un questionnaire qu’il me remplit avant l’appel découvert. Donc, ça me permet de peser aussi leurs besoins et le budget qu’ils peuvent avoir à disposition. Donc, ça me permet dans un premier temps de leur délivrer des conseils à travers leur projet mais surtout de leur dire oui, c’est réalisable ou non. Oui, bien sûr. On va dire sur papier. Sur papier. Voilà. Ensuite, je leur envoie une visite conseil. Cette visite conseil, effectivement, que je déduis parfois de mes prestations de maître d’oeuvre si on continue à travailler mais au-delà de ça, moi, la visite conseil, elle est obligatoire. Pourquoi ? Parce que ça me permet après de venir sur place et de m’assurer que ce qu’ils ont pu projeter techniquement parlant sur place, c’est réalisable. Parce que tu peux avoir des clients qui peuvent se dire moi, je veux faire une extension. OK, monsieur, écoutez, lors de l’appel découvert, je me rends compte que l’urbanisme, ça a l’air de passer. Il n’y avait pas de contraintes particulières. OK, écoutez, comme ça, ça a l’air de passer. Sauf que quand je vais sur place, je me dis non, monsieur, là, ce n’est pas possible parce qu’en fait, la limite de séparation que vous avez avec votre voisin, là, ça ne sera pas possible. Donc, en fait, ça permet de préparer ça. La visite conseil te sert aussi à ça. C’est-à-dire qu’à savoir si dans le cadre des préestimations de travaux de ce qu’il a pu te projeter en besoin, si effectivement, tu vas sortir de son enveloppe. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de choses qui rentrent en jeu. Les accès. Est-ce que la rue, elle est en sens unique ou pas ? Est-ce que des camions vont pouvoir passer ? Parce que ça, forcément, ça a une charge sur la partie financière de l’entreprise. Donc, il y a beaucoup de choses qui rentrent en compte. À partir de ce moment-là, effectivement, la visite conseil, en règle générale, si les clients souhaitent dans ce cadre-là une enveloppe budgétaire de travaux et par rapport à ce que j’ai pu voir, effectivement, après, c’est facile parce que quand tu as pas mal fait de chantier, automatiquement, tu sais à peu près jusqu’à où ça peut aller. Donc, la visite conseil, elle sert à ça, c’est vraiment de dire entre 50 et 80 000, entre 80 000 et 150 000. Tu donnes une fourchette large, mais pour que lui puisse se dire oui, ça peut peut-être être réalisable, on peut peut-être y parvenir. Parce qu’après, je leur dis voilà, la mission de maître d’œuvre, elle sert à ça, c’est d’essayer de vous aiguiller sur vraiment peaufiner comme un tunnel, tu vois ? Voilà, on vous dit un peu à la grosse et puis finalement, après, on peaufine pour justement savoir jusqu’à où on peut aller. Après, ce que je fais, c’est que par rapport à ça, c’est-à-dire est-ce que c’est quelqu’un qui est sûr de lui, est-ce que c’est quelqu’un qui ne veut pas dépenser un copec de plus de ce qu’il t’a annoncé, etc. Enfin, il y a pas mal de choses à en prendre en compte, mais sinon, si je vois que c’est des gens qui sont oui, en fait, je veux faire ci, mais je ne sais pas trop, etc. Moi, souvent, ce que je fais, tu sais, je fais un visuel avec trois niveaux de finition. La finition basique, tu sais, sol carrelage, peinture blanche, voilà. Un niveau intermédiaire où là, on commence à passer sur des matériaux un peu plus sympas, tu vois, un effet parquet, voilà, avec des couleurs, etc. Avec du mobilier, par exemple, même sur mesure. Et un niveau, entre guillemets, VIP, où là, on part sur des matériaux vraiment beaucoup plus haut de gamme. À partir de là, je lui dis, voilà, quel est pour vous le niveau de finition que vous souhaitez ? Et souvent, à chaque niveau de finition, en fait, je leur donne une enveloppe budgétaire au prix au mètre carré. Tu vois ? Donc, ça leur donne une enveloppe de dire, ben voilà, vous, vous avez tant de mètres carrés. Si vous voulez cette finition-là, au minima, ça vous coûtera tant. Oui. Avec, effectivement, des choses qui vont venir en contre parce qu’on va enlever le faux plafond, on va devoir faire des choses, etc. Mais en tout cas, ça vous donne un ordre d’idée. Mais déjà, ça te permet d’aiguiller un petit peu le réel besoin du client parce que des fois, il y en a certains qui ne savent pas exprimer le besoin qu’ils veulent, tu vois ? Et à partir de ce moment-là, après, toi, tu es capable de dire, en fonction de ce que tu as vu sur ta visite conseil, de dire, bon, voilà, ça, c’est un minimum par rapport à la finition que vous avez choisie. Mais vis-à-vis de la configuration de la maison, que là, finalement, on est en sous-sol, il faut casser la dalle, il faut creuser, il faut faire ceci, il faut faire cela, vous êtes un peu plus sur une enveloppe de temps à temps. Mais tu vois, typiquement, le client, il arrive à mieux se projeter. OK, je vois le niveau de finition que je veux, je vois un petit peu financièrement jusqu’à où ça peut aller et finalement, lui, il va se dire, ben non, finalement, je ne veux pas le niveau intermédiaire, je veux le niveau en dessous parce qu’après, nous, on se débrouillera pour faire ceci, pour faire cela, tu vois. Mais finalement, ça permet d’aiguiller le client et à partir de ce moment-là, toi, tu dis, bon, ben, OK, écoutez, je pars sur cette enveloppe-là que tu lui as préestimée et je rédige, en fait, ma note d’honoraire par rapport à ce montant de préestimation de travaux. Et dans ton contrat de service, tu indiques que, finalement, tes honoraires pourraient venir à évoluer en fonction des travaux qui seront signés à la fin. Parce que, même si toi, tu peux faire une préestimation tout au long de la conception, des fois, le client va peut-être faire des choix. Tu veux lui dire, attention, là, si vous voulez vraiment un meuble sur mesure ou une cuisine sur mesure, il va falloir rajouter. OK, vous êtes sûr ? Oui, attendez, je note dans mon compte rendu comme quoi vous avez fait tel choix, enfin, dans ton programme, tu mets, vous avez fait tel choix, tel choix, tel choix, tu vois. Et finalement, à partir de là, là, le client, tu vois, il est guidé, il ne pourra jamais te dire, oui, mais vous ne me l’avez jamais dit, etc. Parce qu’au moment où tu vas faire les chiffrages par rapport au marché, donc au cahier des charges que tu vas rédiger, eh bien, tu vas arriver sur des montants définitifs. Ces montants-là, c’est ce sur quoi tu vas effectivement baser le, comment dirais-je, le montant de ta prestation définitive. Mettons, le chantier, tu l’avais préestimé à 100 000, finalement, il est à 120 000 parce que le client a rajouté ceci, ceci, cela. Tu lui dis, écoutez, monsieur, sur ma prestation, il y a un avenant au contrat de l’ordre de temps sur les 20 000 de plus. Tu remets ton taux et effectivement, tu le rajoutes en avenant sur ta prestation, tu vois. Mais finalement, tu vois, moi, c’est ce que je dis à mes élèves, je dis, en fait, il ne faut pas dire toujours que c’est la problématique du client. En fait, quand le client vous pose des problèmes en disant mais vous ne me l’avez jamais dit, mais ça, ça va. En fait, il faut partir du principe qu’en fait, le problème, entre guillemets, c’est dur à dire, mais c’est toi. Parce que soit, c’est parce que tu n’as pas suffisamment été clair, soit parce que tu n’as pas suffisamment été, comment dirais-je, tu n’as pas suffisamment clarifié les clauses de ton contrat, en fait, les choses ne sont pas claires. Moi, en règle générale, et je ne veux pas non plus, je ne suis pas quelqu’un où je me lance des fleurs, mais moi, je n’ai jamais de contraintes liées à ça. Parce qu’à chaque fois, j’ai toujours l’occasion de dire au client, lisez le contrat, vous allez voir. C’est vrai, OK. Mais en fait, après, il ne t’argiverse pas parce que c’est noté. On peut trouver des compromis. Moi, souvent, je dis au client, c’est noté, monsieur. Par contre, si vous voulez, on peut en discuter, on essaie de trouver un compromis, pas de souci. Mais vous ne pouvez pas dire que c’est de ma faute parce que là, c’est écrit. Oui, bien sûr. Là, je vous avais prévenu lors de la programmation. Vous savez, tel jour, à telle heure, vous m’avez dit quand on avait… Tu vois ? Mais à partir de ce moment-là, les gens, en fait, s’ils ne t’argiversent pas, c’est écrit. C’est de leur… En fait, tu mets la balle dans leur camp en disant, monsieur, c’est de votre faute, c’est vous qui n’avez pas été consciencieux dans la lecture ou dans l’indication ou dans les choses. Tu vois ce que je veux dire ? Mais toi, à partir du moment où c’est écrit, c’est clair, ils ne reviendront pas dessus. Par contre, après, tu peux dire, écoutez, de toute façon, moi, je suis là pour vous, on va trouver un compromis. Mais le contrat, quand tu le contrats, il dit comme ça, il dit comme ça. Ça m’est arrivé des fois de clore des contrats parce qu’en fait, les maîtres d’ouvrage, donc les clients, ne respectaient pas leurs responsabilités. Moi,

Lucie (00:41:03.90 –> 00:41:29.96) : et on continue, soit on n’arrive pas. Et finalement, je vois que les clients, ils sont dans une autre conjoncture, ils sont dans un autre dynamisme, si on peut dire. Une phase. Voilà, c’est ça. Je leur dis, écoutez, on va arrêter. Et dans mon contrat, c’est bien indiqué que si toutefois, il y a une clause qui indique que dans certains cas, si toutefois, le maître d’ouvrage ne respecte pas sa responsabilité ou il y a des choses qu’il n’a pas communiquées, etc., finalement, je suis en mesure d’arrêter mon contrat sans pour autant qu’il puisse y revenir dessus. Donc, c’est pour ça

Lucie (00:41:33.90 –> 00:41:45.72) : prendre des expériences. C’est ce que je dis à mes élèves. Moi, encore aujourd’hui, des fois, j’ai des expériences avec des clients qui me permettent de modifier mon contrat de service en disant, ah tiens, j’ai eu cette expérience, là, j’ai été malmenée parce que ce n’était pas vraiment explicite dans mon contrat. OK, je le modifie.

Floortje (00:41:46.62 –> 00:41:57.16) : Tu vois ? Et c’est là où effectivement, nos métiers ne ressemblent pas à un tableau Pinterest. Oui, exactement. Parce que finalement, cette partie-là, c’est quoi ? C’est 5 % de ce qu’on fait. Oui, oui.

Lucie (00:41:58.20 –> 00:43:18.16) : Alors, tu sais, moi, j’ai une autre manière de faire, c’est que finalement, des fois, quand je vois que les clients sont vraiment dans une phase où ils ne savent pas ou parce qu’ils ont peur de se lancer ou parce que ça leur coûte trop cher, ce que je fais, c’est que je divise ma prestation en deux. C’est-à-dire que je leur dis, OK, ce que je vais faire, c’est que je vais vous proposer la prestation de conception jusqu’à l’obtention des devis. Donc, c’est-à-dire que je le rédige dans le cadre de la conception, le cahier des charges et je prends la responsabilité à travers le cahier des charges que j’ai rédigé de lui trouver des entreprises qui chiffrent par rapport à ça. Je lui analyse et je dis, voilà, monsieur, voilà les devis. À vous de faire le choix. Je vous laisse le temps de la réflexion. Je vous laisse le temps d’aller chercher l’argent qu’il faut si vraiment vous voulez ça. Je vous laisse le temps de réfléchir si toutefois vous voulez faire des concessions sur certaines prestations. Je laisse suffisamment le temps et à partir de ce moment-là, dès qu’il a pris sa décision, là, il me dit, j’ai validé ça, ça, ça. OK, écoutez, monsieur, je fais ma mission de suivi sur le montant que vous avez validé. Ouais. C’est beaucoup plus simple parce que finalement, des fois, à vouloir te dire, bon, j’ai envie de vendre une mission complète à un client pour un chiffre d’affaires ou pour différents arguments, finalement, tu te rends compte qu’en fait, c’est très contraignant pour toi parce que finalement, le client, il prend énormément de temps à prendre des décisions et que finalement, après, tu arrives où il s’est passé six mois entre les devis et le moment où vraiment tu mets le projet en place, tu vois, les travaux. Donc, des fois, il vaut mieux quand tu vois que le client, il est vraiment très indécis

Lucie (00:43:20.96 –> 00:43:26.82) : beaucoup plus clair, une projection beaucoup plus claire des travaux et après, vous prenez des décisions et à partir de là, après, vous pourrez compter sur moi pour faire le suivi.

Floortje (00:43:27.90 –> 00:43:28.74) : Ça, je comprends.

Floortje (00:43:30.88 –> 00:43:57.24) : Je comprends. Je comprends. J’apprends plein de choses, en fait. Écoute, je suis sur le plan B. Ce qui est un peu le but de ce qu’on fait, quoi. Ouais, c’est ça. Exactement. Quand même. Alors, dernière chose, Lucie, qu’est-ce que tu dirais à part de… Alors, je vais le faire bien. Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui sort aujourd’hui de sa vie ? De sa formation d’architecte intérieur. Est-ce qu’il y a d’ailleurs le bac plus deux bâtiments, ça existe encore ou pas ?

Lucie (00:43:57.24 –> 00:43:59.82) : Écoute, alors… Pour le coup, ça me donne envie

Floortje (00:43:59.82 –> 00:44:00.18) : de te dire.

Lucie (00:44:01.42 –> 00:44:50.62) : Je me suis pris un méchant coup de gueule récemment parce que j’en discutais avec une personne que j’ai croisée. Son enfant était dans le même lycée que moi où j’ai fait mon bac. Évidemment, ça ne s’appelle plus comme ça. Ça a un nom un peu chimique, là. Je ne pourrais même pas te le redire. Je ne sais plus. Mais oui, de toute manière, cette filiale, elle existe toujours. Je pense qu’après, peut-être, le niveau d’enseignement est différent parce que moi, tu vois, dans mon bac plus deux, j’apprenais de la topographie, de la maçonnerie. Enfin, vraiment, on abordait énormément de choses, de la mécanique et tout ça. Donc, vraiment, je ne sais pas si ça existe vraiment. Enfin, si celui que j’ai fait existe encore. Mais en tout cas, un bac plus deux, génie civil, il me semble que ça existe encore. Le bâtiment, je crois que ça ne s’appelle plus bâtiment, en fait. Parce que tu vois, bâtiment, c’était quand même assez général. Mais je ne sais pas. Je ne sais pas si ça existe encore.

Floortje (00:44:51.00 –> 00:44:51.98) : Là, je serais…

Lucie (00:44:51.98 –> 00:44:53.20) : De toute façon, je suis trop vieille

Floortje (00:44:53.20 –> 00:44:53.84) : pour y retourner.

Lucie (00:44:55.30 –> 00:45:05.46) : Du Eh bien, quand même que… Tu sais, moi, j’en rencontre beaucoup de nanas qui retournent à l’école justement pour avoir vraiment un vrai diplôme d’État. Et vraiment, je leur dis chapeau parce que franchement, c’est costaud.

Floortje (00:45:05.62 –> 00:45:09.24) : Ça ne va pas être évident, entourée par les 18 ans. C’est ça.

Floortje (00:45:11.86 –> 00:45:53.04) : Mais ce n’est pas du tout ma question. On a divergé un petit peu. Non, ma question, c’est de dire, mais aujourd’hui, tu sors en fait de ton école d’archives intérieures ou ton bac de bâtiments qui n’existe plus mais qui s’appelle autrement. Forcément, tu vas faire tes armes sur le chantier. Donc, tout ce que toi, tu sais aujourd’hui, il va falloir l’apprendre. La première chose à faire, forcément, c’est de te suivre et de suivre ta formation. Mais en même temps, ça ne t’empêche pas de devoir passer par le réel. Est-ce que tu peux me dire comment au moins… C’était quoi la première réelle bourde qui t’est arrivée qui arrive à tout le monde et qu’on peut facilement éviter ?

Lucie (00:45:55.12 –> 00:47:30.80) : Une réelle bourde ? Alors, ça, c’est un réflexe que je fais maintenant et que je ne faisais pas au début de mon métier. C’était de faire réceptionner les différents supports par les corps d’État. Je m’explique. Quand tu fais une dalle béton, peut-être que tu as toujours tendance à dire, bon, c’est bon, le carré va passer. Sauf que lui, il te dit, oui, mais la dalle, elle ne va pas parce que là, il y a un problème de planéité de la dalle. En fait, maintenant, je prends le réflexe parce que ça, ça crée énormément de problématiques, que ce soit pour les poses des fenêtres, il suffit que l’équerrage ne soit plus bon, le ceci, le cela. Finalement, je prends le réflexe. Ça, vraiment, faites-le. Ça prend deux minutes. Vous pouvez le faire même pendant votre réunion de chantier. Vous dites, voilà, vous préparez en tout cas votre, je ne sais pas, admettons, on prend l’exemple de la pose du revêtement de sol, par exemple. Vous prenez le réflexe de dire à votre corps d’État, écoute, prochaine réunion de suivi de chantier, on réceptionne avec le maçon et toi, avec ta présence, en ta présence, la réception de la dalle. Voilà. Donc, comme ça, ça permet, avec les deux corps d’État, qu’on se mette d’accord. Il me dit, là, ça ne va pas, là, il faut reprendre. Comme ça, le maçon, il est là, il reprend et il fait une réception. Et je fais un PV de réception. En règle générale, je fais un PV de réception où je dis, voilà, le monsieur un tel du revêtement de sol a réceptionné le support et que finalement, s’il y a à redire, c’est lui qui devra prendre en charge la reprise, etc. Ça, c’est vraiment quelque chose que je ne faisais pas du tout avant. Quand je dis avant, c’est vraiment dans le cadre de mon salariat, mais que finalement, là, de l’entreprenariat, je me suis assurée ça parce que je trouve que ça permet, en tout cas, de garder une sécurité, si tu veux, dans ce cadre-là, dans le cadre du métier, si tu veux, et dans la continuité des corps d’État.

Floortje (00:47:31.46 –> 00:47:43.10) : Et puis, tu enlèves un peu les 8 dires. Oui. Oui, mais lui, il a dit que. C’est un truc que je me suis rendue compte parce que je me rends forcément de temps en autre sur les chantiers,

Floortje (00:47:45.40 –> 00:48:01.73) : plutôt dans le côté esthétique, et qu’il y a une espèce de « oui, mais il m’a dit que » qui est extraordinaire. Le « non, je ne prends pas responsabilité pour ma part » est quelque chose qui me horripile,

Lucie (00:48:01.75 –> 00:48:02.91) : mais qui est quand même

Floortje (00:48:02.91 –> 00:48:03.87) : très fréquent, je trouve.

Lucie (00:48:04.11 –> 00:48:43.41) : Oui, mais c’est normal. À partir du moment où la personne, elle se sent un petit peu déstabilisée, automatiquement, elle va botter en touche, elle va dire que c’est la faute des autres. C’est pour ça que souvent, quand je fais la résistance, parce que ça, c’était vraiment quelque chose qui m’insupportait. Moi, je suis quelqu’un où… On fait penser à mes enfants. Ah, mais tu sais que des fois, pour tout te dire, je sais que les hommes, ils n’aiment pas trop ça, mais des fois, je les bouscule en me disant « putain, j’ai trois enfants, mais des fois, j’ai l’impression de retourner… » C’est ça. J’ai l’impression de gérer des enfants. Ah, ben là, tu touches à leur égo, là, c’est fini. Et là, finalement, tu vois, ils se disent « non, mais tu comprends… » Non, je ne comprends pas. Non, non, non. Il se passe quelque chose. Tu as fait le truc. C’est toi qui as touché. Donc, du coup… Exactement.

Floortje (00:48:44.09 –> 00:48:47.03) : Prends tes coronas et dis que tu es responsable. Exactement.

Lucie (00:48:47.57 –> 00:49:42.79) : C’est ça. Et si tu veux, à un moment donné, je me suis dit « non, mais attends, Lucie, il faut que tu trouves une solution parce qu’à un moment donné, c’est bon, tu ne vas pas passer des heures à t’agiver… » C’est ça, ta solution. C’est ça, ta solution. Et en fait, normalement, c’est effectivement des choses que l’on fait sur des gros, gros chantiers, sur des grosses constructions, que ce soit des établissements scolaires ou des choses comme ça, on fait des réceptions comme ça parce que c’est des grosses surfaces. Enfin, voilà, ça assure une sécurité. Finalement, je me suis dit « tiens, pourquoi pas le faire sur des petits projets ? » Parce que ça permet aussi de mettre les deux… Parce que des fois, c’est pareil, tu as un maçon qui peut dire « c’est bon, il n’a pas besoin de moi pour réceptionner. Oh, que si, tu vas venir, mon coco. » Puis on va se mettre tous les trois et puis on va voir. Déjà, ça va te prendre moins de temps et au moins, s’il y a quelque chose à faire, hop, tu peux le faire tout de suite ou quoi, tu peux mettre un gars tout de suite et hop, on n’en parle plus. Le lendemain, ça y est, on peut avancer. Quand c’est comme ça, l’entreprise de revêtement va te dire « ah, mais non, mais là, ça ne va pas. Ok, donc tu vas appeler maçon. Ah ouais, mais là, je ne suis pas dispo, je ne reviendrai que dans deux jours. »

Floortje (00:49:42.79 –> 00:49:44.85) : C’est une perte d’étendue sur eux. Voilà.

Lucie (00:49:45.27 –> 00:49:46.95) : Donc finalement, ça, c’est vraiment le conseil que je donne.

Lucie (00:49:55.19 –> 00:50:26.39) : Alors, le gars qui n’arrive pas les mains dans les poches, évidemment, parce que je dis « comment tu peux contrôler l’écarrage d’une fenêtre si tu arrives avec les mains dans les poches ? » Donc souvent, je leur mets d’équerre. Je leur dis « si tu viens, tu viens avec un niveau, tu viens avec de l’appareillage pour qu’on s’assure des choses. » Donc souvent, on fait ça et après, j’écris. Et souvent, le fait en plus d’écrire les choses, le fait d’essayer les choses, ils se responsabilisent en fait. Ils ne peuvent plus te dire « ah oui, mais je n’avais pas vu. » Oui, ben, tu n’as pas vu, ce n’est pas grave. Moi, souvent, je suis comme ça. Je dis « ok, ben, tu as mal fait les choses. » Ce n’est pas grave. Par contre, trouve une solution. C’est ton problème. Je peux t’aider, mais c’est ta responsabilité.

Floortje (00:50:26.89 –> 00:50:28.61) : Oui, c’est penser en solution.

Lucie (00:50:29.03 –> 00:50:35.13) : C’est ça. Après, moi, je pense du principe que sur les chantiers, il faut toujours faire en sorte de toujours mettre la balle dans le camp de l’autre.

Floortje (00:50:35.57 –> 00:50:45.31) : Oui, et ensuite, laisser planer la silence. Exactement. Les silences. Non, mais c’est vrai, il y a des silences très, très, très efficients. Oui, c’est ça.

Lucie (00:50:45.49 –> 00:50:46.53) : Des fois, tu sais,

Floortje (00:50:46.53 –> 00:50:48.17) : « qu’est-ce que tu me proposes ? »

Lucie (00:50:48.17 –> 00:51:03.56) : Voilà. Je ne sais pas. Ce n’est pas là, on va réfléchir ensemble, mais c’est toi qui vas le prendre en charge. Donc, finalement, c’est des automatismes qu’il faut prendre, en tout cas, pour s’éviter, en tout cas, les problématiques que l’on peut rencontrer dans le suivi de chantier. C’est clair.

Floortje (00:51:04.38 –> 00:51:45.64) : Bon, Lucie, j’étais ravie. Ce qui me rend encore plus heureuse aujourd’hui, c’est qu’on a déjà prévu que tu reviennes. Tu vois ? On a trop de choses à se dire. Ah non, punaise. Puis, il faut le dire, Lucie, elle est organisée d’une façon de ouf. Elle est venue aujourd’hui, elle m’a envoyé un mail il y a deux semaines, une semaine, avec les huit points ou les neuf points qu’elle voulait aborder, les neuf points qui étaient intéressants. Et j’ai regardé les neuf points, j’ai dit « waouh, jamais, ça tient dans une heure ». Donc, du coup, on en a pris deux et on a dit qu’on se revoit parce que c’est hyper important. Merci beaucoup. J’étais ravie. Merci à toi. Et puis, je te dis à très, très bientôt. À très bientôt.