Séverine Luizard est la propriétaire de Séverine Solutions d’intérieurs depuis 7 ans. Son crédo est “la Déco accessible a tous”. Elle partage avec nous son parcours, pourquoi elle a du doubler ses prix, comment elle est arrivée a la radio et ses règles de bases pour vivre son entreprise (presque 😉 sereinement.Elle donne des exemples concrets et elle partage comment elle arrive à mettre de l’huile de truffe dans ses pâtes aujourd’hui tant qu’avant elle n’y mettait même pas du beurre….
 
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Les chapitres :

“00:00:11 – Introduction et présentation de Séverine Luizard
00:01:13 – Parcours professionnel de Séverine avant la décoration
00:02:52 – Séverine en tant qu’auto-entrepreneur
00:04:01 – Les débuts de la prospection et stratégie d’acquisition client
00:04:37 – Importance des salons et interventions radio pour Séverine
00:09:21 – Définir ses valeurs et attirer la bonne clientèle
00:13:23 – Gestion des clients difficiles et drapeaux rouges
00:17:25 – Ajustement des tarifs et retour sur expérience
00:21:20 – Séverine : analyse de l’évolution des devis
00:29:37 – Erreurs à éviter et leçon sur les relations avec les artisans
00:36:31 – Importance des photos de chantier et préparation
00:49:02 – Conclusion et réflexions finales sur le parcours de Séverine”

Transcription (par autoscript)

Floortje (00:00:11.63 –> 00:01:03.99) : Salut et bienvenue chez les Décopreneurs, le podcast pour les décorateurs et architectes d’intérieur pour le côté business de notre métier. Aujourd’hui avec moi, j’ai Séverine Luizard, Séverine Solutions d’Intérieur, basée depuis 2013 dans le Finistère et le Morbihan. Et son crédo d’entreprise, c’est la décoration accessible à tous. On a passé un peu plus que 45 minutes ensemble, elle m’a parlé de son sujet déco sur France Bleu Finistère, on a parlé de ses valeurs très clairement expliquées sur son site internet, ses drapeaux rouges à respecter avec des nouveaux clients et comment elle a doublé ses prix en espace de très peu de temps puisqu’elle avait pu mettre ou pas du tout voir mettre du beurre dans ses épinards.

Floortje (00:01:13.41 –> 00:02:12.01) : Bienvenue Séverine. Séverine, merci d’être avec moi aujourd’hui. Merci Floor, c’est un plaisir pour moi de t’avoir au téléphone, de te parler pendant mon podcast forcément, j’ai encore un peu du mal puisqu’on va parler des choses extrêmement intéressantes que j’ai trouvées quand j’ai discuté avec toi et que j’ai trouvées quand j’étais sur ton site. Pour commencer par contre, j’aimerais bien que tu nous dises comment tu as commencé, que tu racontes un peu ton parcours et pour arriver là où tu es aujourd’hui dans la décoration. C’est simple, moi j’ai fait plein de métiers différents avant mais j’ai toujours gardé la déco au départ pour moi et puis après j’allais chez des amis et puis après des amis d’amis et amis d’amis d’amis d’amis d’amis jusqu’à ce que mon mari me dise ça va je ne te vois pas, lui part toute la semaine et je partais tous les week-ends. Donc il m’a dit écoute on ne se voit pas donc il y a deux solutions, soit tu en fais ton métier soit on te change de vie. Bon comme je n’avais pas envie de changer de mari, je me suis dit qu’il fallait que je change de métier.

Séverine (00:02:13.69 –> 00:02:14.67) : Il a eu de la chance là.

Floortje (00:02:15.19 –> 00:02:49.31) : Ouais ouais ouais franchement il n’a pas à se plaindre. Donc résultat j’ai repris mes études et puis après voilà comme ça je suis devenue décoratrice. Parce qu’avant tu faisais quoi ? J’ai fait plein de métiers différents. J’ai fait mais toujours en relation avec les gens en fait. Soit j’ai travaillé dans une banque, j’ai travaillé dans des magasins, j’ai travaillé avec des enfants. Donc tu vois toujours dans la relation à l’autre. D’accord et aujourd’hui ça fait combien de temps que tu as monté ton entreprise ? Ça fait 7 ans. Ça a fait 7 ans en janvier. Ah oui ? Super. Ouais ouais c’est bien.

Floortje (00:02:52.54 –> 00:03:59.29) : ‘es en quel type de société toi ? Moi je suis auto-entrepreneur. Parce que comme je n’aime pas la paperasse comme ça je n’avais pas trop de compta à faire. Ouais t’es content avec ce format. 7 ans c’est super. C’est beaucoup d’expérience déjà finalement. Ouais ça commence à faire. C’est vrai que c’est… Ouais ouais. C’est vrai que… Avec le recul je me dis que j’ai de la chance d’avoir déjà tenu 7 ans et je sais que ça n’est que le début. Et pour le coup tes départs puisque tu travaillais déjà avec des amis, des amis, des amis, etc. Est-ce que c’était comme des roulettes ? Comme sur des roulettes ou est-ce que c’était parfois un peu compliqué la prospection, tout ça ? Comment ça s’est passé ? Je te ramène un peu en arrière. Oui oui c’est pas grave. Écoute je vais rajeunir là d’un coup c’est pas mal. Donc en fait… Tant que c’était des amis et des amis d’amis d’amis c’était facile parce qu’en fait j’avais pas de prospection à faire. Et les clients arrivaient tout seuls. Et comme je me faisais pas payer ou voir pratiquement pas ou un repas ou quoi, tu m’étonnes que j’avais de la clientèle.

Floortje (00:04:01.91 –> 00:04:35.19) : Donc voilà. Après quand j’ai commencé à me dire il faut que j’en fasse un métier, là effectivement il a fallu que je prospecte. Donc comme tout le monde j’ai commencé par un site internet. Et puis après derrière j’avais fait mes petits flyers. Que j’ai distribué dans les boîtes aux lettres. Autant dire que là je me suis promenée. J’ai pas eu de retour mais au moins j’ai pu découvrir le paysage, c’était pas mal. Après j’avais mis des cartes de visite un petit peu partout. C’est comme ça que j’ai eu mes premiers clients. Et puis après avec les salons, les choses comme ça, c’est ça qui a apporté le plus en fait. Mais c’est surtout je dirais par mon site internet.

Floortje (00:04:37.57 –> 00:09:18.44) : On va revenir sur ton site internet parce que j’ai des retours assez mitigés sur les salons. Où en fait la plupart des gens qui en ont fait disent que ça revient pas forcément. Toi t’as pour le coup une expérience différente ? Alors moi pour le coup c’est un salon, c’est un peu particulier. C’est-à-dire que je vais sur le salon, on m’invite sur le salon et je propose des quarts d’heure de conseils déco. Donc en un quart d’heure t’as pas le temps de faire tout le tour. Donc les gens finalement te rappellent. D’accord. Et c’est des salons dédiés déco ? Ouais, enfin habiteurs. Salon de l’habiteur. Super. Donc ça pour toi ça marche. Mais est-ce que tu envisageras un jour de prendre un stand sur un salon pareil ? Non, parce que là pour le coup il faut vraiment faire rentrer beaucoup de contrats ou des contrats sur des prix intéressants pour que ça soit rentable. Ouais,’est un peu le retour effectivement que j’ai aussi. Mais pour le coup, la formule que tu as pu prendre de faire 15 minutes, finalement c’est 15 minutes de faire connaissance. Oui, bah t’as le temps de donner quelques infos. J’interviens sur une radio donc pareil pour parler de déco et on a à peu près 2 à 3 minutes pour répondre à la question de l’auditeur. Donc là finalement moi 15 minutes c’est hyper large en comparaison de mes 3 minutes de radio. Donc je me retrouve avec, on a déjà bien amorcé le projet et après c’est vrai que ça reste basique. Je ne sors pas tous mes catalogues, voilà donc après tu leur as mis l’eau à la bouche et puis maintenant après il faut y aller quoi. Tu laisses tes cartes de visite, tu dis mais à bientôt, un petit flyer. Non, non, non, je prends mon rendez-vous en même temps. Ah et c’est bien. C’est là où je suis beaucoup plus réactive, c’est que non, non, une fois que les clients s’assoient devant moi, on en discute et après bah pour le coup on fixe un rendez-vous directement. Super. Ah ça c’est un bon… C’est un bon moyen de prospecter aussi finalement. Ouais. Et puis à la bouche à l’oreille et tu me parles de ton site internet. Et en fait moi j’ai visité ton site internet et il y a un petit moment déjà, il y a quelque chose qui m’a frappé sur ton site, c’est que tu as extrêmement, extrêmement bien défini tes valeurs. Tu les appelles comme ça, tu les as posées, tu as bien… Comment tu as fait pour bien te poser, c’était quoi le cheminement en fait pour arriver à poser tes valeurs et pouvoir aussi les mettre dans des mots très, très clairs, très, très précis, ce qui va pour le coup, j’ai l’impression, t’attirer un certain type de clients que tu cherches finalement. Est-ce que tu as pu poser avec tes valeurs aussi tes clients idéals, etc. Je sais qu’il y a plusieurs questions dans une question là, mais… Non mais c’est bon, j’ai compris. Je vais te laisser gérer la réponse pour le coup. Bah en fait, moi quand je me suis lancée, c’est vrai que je me suis dit pourquoi je fais ce métier. Donc ça répondait à… Ben voilà, qui je voulais avoir comme client en face, c’était aussi qui je suis moi et qu’est-ce que je veux faire transparaître dans mon métier. Donc pour moi, c’était hyper important quand je demande aux gens, ben ils me disent voilà, tes qualités, c’est ça, ça, ça et je voulais absolument que ça fasse partie de mes valeurs parce que c’était voilà… tu rentres quand même dans l’intimité des gens, donc il faut que ça puisse coller avec eux. Si au premier abord, ben il y a… ça ne marche pas, ça… voilà, c’est hyper important. C’est très important pour que les clients puissent te contacter, qu’ils sachent à qui ils vont avoir affaire. Donc pour moi, c’est pour ça que j’ai commencé à définir mes valeurs. Donc j’ai listé, j’ai fait des listes, ce que je veux, ce que je ne veux pas, avec qui je veux travailler, avec qui je ne veux pas travailler, comment je veux travailler ou pas. Et puis après, à partir de là, ben il y a des grandes lignes qui sont sorties. Et puis c’est de là que j’ai défini mes valeurs. D’accord. Et est-ce que pour le coup, tu as… tu as défini réellement… Par exemple, pour ton client idéal, est-ce que tu t’es posé, est-ce que tu as posé ton persona ? Tu as la personne idéale à qui tu parles ? Non, pas forcément parce qu’en fait, j’ai une clientèle qui est hyper large. Moi, ce qui était hyper important, c’est que la déco, elle doit être accessible à tous. Mais à tous, jeunes, moins jeunes, riches, moins riches, voilà. Donc c’est pour ça que… ma clientèle est vraiment très large, mais c’était vraiment de me mettre au bout.

Floortje (00:09:21.07 –> 00:10:41.65) : Donc la déco pour tous. En revenant un peu en arrière, tu dis ben j’ai défini mon pourquoi, j’ai listé plein de choses. Est-ce que tu peux rentrer un peu plus dans ce processus de comment est-ce que tu es arrivée à vraiment… qu’est-ce que tu as dû puiser en toi pour trouver toutes les raisons et comment tu as fait le tri finalement ? En fait, j’ai fait une formation qui s’appelle la confiance en moi. Super. Et de cette formation, en fait, à un moment, il y a une question qui est qu’elles sont vos qualités. Et tu as 10 minutes pour y répondre. Là, tu es face à toi-même finalement. Voilà, donc tu fais l’exercice deux fois en fait. Et la première fois, je n’ai pas vu beaucoup de qualités qui sont ressorties. Et là, je me suis posé beaucoup de questions. Et après, tu continues la formation et à la fin de la formation, tu refais le même exercice de quelles sont vos qualités. Et tu as 10 minutes. Et là, la feuille, elle se remplissait facilement. Et donc, tu te dis, ouais, mais donc là-dessus, je ne peux pas prendre. D’accord, je suis quelqu’un de parfait, mais quand même, il va bien falloir que je trouve des qualités qui sortent plus que d’autres. Donc, de là, en fait, j’ai souligné celle qui était la plus importante pour moi. Après, j’ai fait le tour avec des personnes de mon entourage. J’en ai demandé sur un papier anonyme qui me mettent trois qualités. Et j’ai vu celles qui ressortaient le plus.

Séverine (00:10:42.33 –> 00:10:43.27) : C’était lesquelles ?

Floortje (00:10:44.61 –> 00:11:29.31) : Le sourire. Oui. La disponibilité et l’accompagnement. Et donc, à partir de là, en fait, ça m’a fait déjà mes trois premiers points. Oui. En plus, je savais que pour moi, la déco devait être accessible à tous. Donc, j’en avais déjà quatre. Et puis après, je voulais m’entourer de personnes qui étaient compétentes. Donc, à partir de là, c’est vrai que je ne connais pas beaucoup de personnes qui aiment bien s’entourer d’incompétents. Mais quand même, c’était bien que je le dise. Ça arrive, mais même à notre issue, parfois. C’est ça. Mais là, au moins, c’est vrai que pour le coup, je le note dans mon site comme quoi c’est important pour moi. Et les clients savent qu’ils peuvent me faire confiance là-dessus.

Floortje (00:11:31.89 –> 00:11:48.19) : Et donc là, tu as défini effectivement les valeurs que tu montres sur ton site. Est-ce que tu as l’impression que les gens qui viennent sur ton site, puisque moi, j’ai été attirée par ça, mais tes clients pour le coup, est-ce que tu te rends compte s’ils partagent les mêmes valeurs que toi ? Oui, pour beaucoup, oui.

Floortje (00:11:50.41 –> 00:12:13.87) : J’ai rarement des clients grognons. J’ai plein de clients avec beaucoup d’empathie, des choses comme ça. Donc, je pense que c’est le contact aussi, le premier contact que tu as au téléphone. Les gens, ils savent déjà si derrière, ça matche ou pas. Et je trouve que par rapport à ça, c’est comme quand on a un client. Il y a des fois, tu dis, j’espère qu’il ne va pas me signer le devis parce que ça ne marche pas.

Floortje (00:12:16.33 –> 00:13:21.50) : Comment ? Non, mais c’est bien que tu en parles parce que j’en parle régulièrement. Les drapeaux rouges, je les appelle des drapeaux rouges. Un client qui arrive vers toi et que tu parles avec lui, tu dis, oh mon Dieu, j’espère qu’il ne signe pas, justement, ce sentiment-là. La première fois que ce sentiment arrive, généralement, on ne se fait pas confiance, on signe quand même et on se trouve dans un truc où la seule chose qu’on a envie de faire, c’est de s’en sortir au plus vite, professionnel, mais très vite. Et ensuite, qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est quoi tes drapeaux rouges à toi ? Est-ce que tu en as qui sont réellement dressés ou tu dis, mais si le client dit ça ou il fait ça, je n’y vais pas et qu’est-ce que tu utilises comme excuse entre guillemets pour ne pas y aller ? Parce qu’en sept ans, ça a dû t’arriver. Oui, mais j’ai été beaucoup plus longue à la détente. Je n’ai pas eu un seul client. Il a fallu que j’aie trois clients avec des drapeaux rouges qui cliottaient de tous les côtés pour me dire, il va peut-être falloir que quand il y a un drapeau rouge qui se lève, je commence à y réfléchir. Je n’attends pas d’être complètement dans la catastrophe.

Floortje (00:13:23.58 –> 00:14:58.95) : Si, c’est vrai qu’il y a des fois, tu dis déjà le client qui te rappelle 20 fois pour pinailler sur un détail dans ton devis, pour une micro-question ou quoi, là, tu te dis bon, ça, c’est le genre de client où tu vas aller et il va falloir tout mesurer au millimètre et qu’il va revérifier derrière toi au cas où tu te sois trompé de chiffres ou quoi. Et c’est vrai que moi, je travaille dans la conférence. Donc, si le client, il est derrière toi tout le temps, tu sais très bien que, un, tu ne vas pas bien bosser. Tu sais très bien que les artisans que tu vas mettre sur le chantier, pareil, le client va être sur leur dos. Résultat, c’est là où vont faire les boulettes. Donc, mauvais travail, mauvais retour. Donc, voilà, moi, c’est le premier truc. C’est le client qui pinaille sur le devis. Alors, non pas qu’il n’y ait rien à redire sur un devis. On peut avoir plein de questions. Au contraire, mais il y a les questions qui sont utiles et les questions où tu te dis, là, je ne suis pas sûre. Oui, oui. Est-ce que tu en as d’autres, des drapeaux comme ça ? Non, c’est surtout celui-là. Par expérience, c’est surtout celui-là. Et comment, pour le coup, tu dis non à ce client-là ? Parce que maintenant, avec sept ans d’expérience, je pense que tu dis non. Donc, le client qui revient sur le devis en permanence, qui a peut-être envie de négocier à outrance, ce genre de choses. Eh bien, jusque-là, en fait, j’avais beaucoup de mal parce que c’est vrai que comme je signais beaucoup, enfin, beaucoup, comme mes devis n’étaient pas très élevés, c’est vrai qu’effectivement, j’avais beaucoup de clients qui avaient tendance à abuser un peu de la situation.

Floortje (00:15:02.27 –> 00:16:31.76) : Donc, c’est là où, en fait, j’ai redéfini mes devis. Et donc, pour le coup, maintenant, j’ai moins de pinailleurs. Est-ce que tu as aussi un autre type de clients ? Oh, j’ai les clients, après, qui te font entièrement quoi ? Qui te font confiance. Ça, ceux-là, c’est top, quoi. C’est vrai qu’on en a quelques-uns comme ça, où tu te dis, ouais, c’est juste, non, mais allez-y, je vous fais confiance. Ils te rappellent juste pour dire, ah, mais ce que vous avez choisi, c’était bien. Bon, bah, parfait. Je trouve ça de la balle, les clients comme ça. Ah ouais, moi aussi. J’en ai quelques-uns et c’est génial. Oui, vas-y. Pour le coup, tu es triste quand tu as fini ton chantier ? Oui, c’est un petit sentiment, mais il y a aussi, c’est aussi ceux qui, je ne sais pas, pendant, par exemple, le confinement, j’en ai eu qui m’ont appelé pour dire, écoute, Flore, je sais qu’on ne peut pas avancer. Je sais qu’on devrait normalement attendre la phase 2, parce que moi, je travaille en phase, la phase 2 pour te payer. Mais puisque tu ne vas pas rentrer l’argent dans cette période, est-ce que tu veux qu’on te paie maintenant ? Non, mais ça, c’est top. Ça, c’est les clients que j’aime. Ce sentiment de vouloir m’aider, mais forcément, ça va dans les deux sens. Mais ça, c’est effectivement le type de client que j’adore. Mais pour le coup, je n’ai toujours pas la réponse à ma question de comment tu dis non ? En fait, je pensais pouvoir ne pas te répondre. C’est pour ça que je suis partie sur autre chose. Oui, oui, mais non. Je pensais pouvoir noyer le poisson.

Floortje (00:16:33.92 –> 00:17:22.22) : C’est vrai que ça m’arrive. Des fois, il y a des clients qui vont me dire, oui, mais là, vous êtes sûre. Je leur dis, écoutez, si vous ne me faites pas confiance, ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien qu’on travaille ensemble. Parce que je sais que par expérience, ça va finir en catastrophe. Parce qu’il va y avoir toujours quelque chose qui ne fonctionnera pas. Il y aura toujours quelque chose à redire et que vous ne serez pas satisfait au final du résultat. Donc, il vaut mieux qu’on travaille chacun de notre côté. Et si vous avez besoin, je peux vous conseiller d’autres personnes. Il n’y a aucun souci. Mais après, voilà, ce n’est peut-être pas la peine qu’on aille ensemble sur ce projet-là. Oui, donc tu es plutôt honnête sur la question. Finalement, tu ne vas pas dire non, je n’ai pas de place dans mon plateau. Tu n’as pas de place dans mon planning. Ou sinon, j’essaie de quintupler le prix du devis. Mais ça ne marche pas.

Floortje (00:17:25.66 –> 00:18:48.06) : En parlant de prix, en fait, je sais qu’on a discuté, toi et moi, on a discuté, mais dans un groupe d’autres décorateurs de prix. Et c’est là où tu t’es rendu compte que, effectivement, il y avait, il y a plusieurs raisons que tes devis étaient acceptés. Forcément, parce que tu mets tes valeurs en avant. Parce que tu as sept ans d’expérience. Parce que vu des projets que tu as fait, ça donne envie de travailler avec toi. Et il y avait aussi la partie où, en fait, tu n’étais pas très chère. C’est ça, c’est ça. Donc, grâce à cette discussion, j’ai pu retravailler et je ne mangeais que des pommes de terre sans beurre, sans rien. C’est clair. Je suis passée au moins à la crème fraîche, voire peut-être à l’huile de truffe. Oh, c’est bon. Est-ce que tu peux nous dire où tu étais en termes de prix avant? Avant et aujourd’hui? Ouais, alors pour donner une idée, pour refaire un plan de salle de bain, aller chercher les matériaux, présenter les matériaux aux clients, chercher également tout ce qui était sanitaire et tout ça. J’étais de l’ordre de 300 euros. Donc, pour une salle de bain complète, finalement, aménagement, couleurs, produits, apport d’un artisan, j’imagine? Oui, c’est ça. Oui, sur lequel je n’étais pas rémunérée, bien évidemment.

Floortje (00:18:50.96 –> 00:19:32.63) : Tu étais à 300 euros et on ne va même pas parler TTC haute parce que tu es en auto-entrepreneur. D’accord. On est bien d’accord que ça n’est pas assez parce que tu passes beaucoup trop de temps pour le nombre d’heures que tu fais. C’est ça, c’est ça. C’était très agréable parce que pour le coup, j’avais plein de projets. Ce n’était pas le souci. En fait, je rentrais de l’argent parce qu’effectivement, je faisais rentrer plein de projets. Le seul problème, c’est que j’étais sur des heures énormes de travail par rapport à ce qui est rentré. Est ce que tu faisais de l’achat à vente là dessus ou est ce que tu en fais sur la salle de bain?

Floortje (00:19:35.44 –> 00:21:17.78) : Non, parce que c’est vrai que je trouve que j’y mettais déjà tellement de temps que je n’avais pas du temps pour aller discuter avec. En plus, c’était souvent les artisans derrière qui récupéraient. Parce qu’une fois que j’ai proposé l’artisan, l’artisan, lui, il va acheter sa cam, il pose et puis voilà. Donc, donc, je n’avais rien du tout. OK. Et aujourd’hui, ça va un peu mieux. Aujourd’hui, j’ai bien progressé. J’arrive à envoyer des devis, mais ils passent encore tous. Donc, c’est que je me dis que j’ai encore de la marge, je peux encore augmenter. Là, aujourd’hui, tu es passée à combien? Est ce que tu as doublé? Alors, sur des projets de salle de bain, j’ai même plus que doublé. C’est bien, là, j’ai fait un projet où on doit redispatcher. Alors, je déplace un espace. Il y a ça aussi, c’est que j’ai une salle de bain dans un endroit. On recrée une cloison, on la décale et j’ai envoyé le devis à 1000 euros. Il est passé. Tu vois? Non, mais comme quoi l’huile de truffe, c’est important. Je suis là, je suis. Je pense qu’il est. Est ce que tu comptes tes heures pour le coup? Est ce que comment tu fais pour être sûre que tu rentres dans les clous? ‘est là dessus où il faut que je progresse encore. Tu vois, même après sept ans, j’ai encore de la marge de progression. Mais c’est bien comme ça. Je sais que j’ai encore de belles années devant moi. Oui, j’ai. Voilà, j’ai affiné mes devis parce qu’avant, je faisais un devis. C’était assez, assez light dans ce que je mettais. Et maintenant, effectivement, je quantifie mon temps de travail au client. C’est à dire que si je lui propose la planche tendance, voilà, je sais planche tendance, c’est tant de temps, j’ai tant de pièces. Je propose. J’ai tant d’heures et donc ces factures et tant.

Séverine (00:21:18.36 –> 00:21:18.68) : Et

Floortje (00:21:20.32 –> 00:21:37.88) : donc là, c’est vrai que là dessus, j’ai bien progressé et ça permet finalement de proposer des prix plus importants parce que le client, il se rend compte de tout le travail qu’il y a derrière. Mais si je mets, par exemple, deux heures pour une planche tendance, j’aurais plutôt tendance à en mettre quatre pour la faire. Et donc, c’est là où je suis pas rentable.

Séverine (00:21:38.46 –> 00:21:38.78) : Ouais.

Floortje (00:21:41.19 –> 00:23:34.50) : Mais bon, voilà, en comparaison de ce que je faisais avant, où je mettais planche tendance et tout le travail. Et 300 euros. Voilà. Et j’avais qu’un jour de boulot. Là, forcément, si je mets 300 euros pour faire la planche tendance, je marque une demi journée ou une journée ou deux journées pour le client. Voilà, je sais que même si je double mon temps de travail par rapport à ce qui est marqué, c’est rentable. Mais est ce qu’avant tu arrivais quand même de trouver. Parce que comme je dis, t’as mis tes valeurs en avant. Mais est ce que tu pour toi, est ce que tu avais assez de valeur ? Tu vois ce que je veux dire ? C’est que je sais comme moi, je me trompe dans une vie et que c’est trop bas. Je m’en veux quand je vois que le temps passe et je me rabaisse un peu tout seul en me disant oui, ben là, t’étais juste nul quoi. Donc toi, t’as fait ça quand même pendant sept ans. Ah oui, non, mais moi, je me suis jamais dit t’es juste nul. T’étais. Ouais. Ah non, non, non, non, parce que en fait, dans mes valeurs comme moi, la déco doit être accessible à tous. Et qu’en plus, j’ai plutôt tendance à être très généreuse. Pour le coup, je ne me rendais pas compte que c’était à mon détriment. Donc, quand le client me disait oui, mais il y a ça et que j’avais dépassé finalement mon temps de travail, ça rentrait pas dans mon temps de travail. Moi, mon objectif, c’était qu’à la fin, je livre mon projet. Peu importe le temps que je passais dessus. Alors que maintenant, j’ai plutôt cette notion de j’ai tant de temps pour faire mon projet. Donc voilà. C’est plus ça, en fait. Mais avant, c’est vrai que je regardais pas du tout le temps que je passais dessus. Et donc, tu n’as jamais fait les calculs pour te dire finalement, je suis même pas payée au salaire minimal nationalement fixé. Ça, je n’avais pas besoin de faire les calculs pour.

Floortje (00:23:37.10 –> 00:26:43.83) : La question à se poser. Moi, je me pose toujours la question quand j’envoie quelque chose. J’ai des enfants comme toi et je me dis est ce que quand ils vont aller chercher. Un travail, mes enfants au départ, est ce que je serai OK pour qu’ils aillent travailler pour le même taux horaire que je me suis infligé moi au départ? Donc, est ce que je vais dire à mon fils ou à ma fille? Oui, bien sûr, tu peux aller travailler à 3 euros de l’heure. Il n’y a pas de souci. Faites ton expérience. Et quelque part, tu dis ben non, à ce moment là, moi, je vais vouloir le protéger du fait que je travaille finalement pour rien et que c’est peut être certes les premiers six mois en expérience, mais après, il va falloir quand même tu vois, l’argent, c’est quand même aussi une valeur qu’on s’apporte. Oui, tu as raison. Mais c’est vrai que moi, moi, je ne m’étais jamais posé la question. Moi, j’étais tellement contente de faire plaisir aux gens, que les gens aient une belle maison. Ils étaient contents de toi pour le coup. Ah bah oui, parce que là, franchement, ils ont eu du bon. Les premiers sept ans, là, ils ont eu du bon. C’est ça. Maintenant, ça va changer. Et pourtant, tu as encore des clients. Et pourtant, oui. Ouais, ouais, ouais. Et finalement, j’ai encore des clients. Et les résultats, ben voilà, c’est sûr que les devis sont signés. Et je me dis mais pourquoi je n’ai pas fait avant? Comment tu as fait passer ce changement? Parce qu’on en parlait justement un peu avant le fait que quand tu fais un devis très bas et que ce client pour qui tu avais ce devis, on va reprendre ce client de 300 euros pour une salle de bain, il appelle, il rencontre son copain. Le bouche à oreille, c’est toujours ça marche très fort, en fait, dans notre métier. Il parle à son copain. Il dit ben moi, en fait, j’ai fait mon salle de bain avec Séverine. Regarde, c’est magnifique, c’est top. Le copain, il dit je veux la même chose. Combien ça t’a coûté? Et là, le copain, il dit 300 euros. Il t’appelle. J’ai eu votre nom par un tel. Ça lui a coûté 300 euros. Je veux le même deal. Comment tu fais? Alors, soit je dis oui, mais dans le devis, tout n’était pas compris. Et je rajoute des lignes à mon nouveau devis. Comme ça, ça me permet de rehausser un peu le tarif. Soit je suis aussi honnête en lui disant Écoutez, c’était les tarifs que je faisais à l’époque, maintenant, les tarifs ont changé parce que sur le marché, voilà, on est nombreux, qu’il y a de plus en plus de concurrence ou. Et puis voilà, s’il veut vraiment travailler parce que les valeurs que je propose lui correspondent parce qu’il a trouvé que j’avais bien bossé. Il signera aussi avec moi. C’est sûr que si l’autre a payé 300 euros et que celui-ci lui annonce 1000 euros. Peut être faire. Peut être. Pour le coup, je ferai entre les deux. Je vais peut être lui dire oui, on était. On est à 500. Et puis la fois d’après, lui, il m’enverra quelqu’un. Puis je dirai on est à 750. Et puis comme ça, le quatrième, j’arriverai à 1000 pour être dans mes tarifs. Ouais, j’augmente un peu par client. Et donc, tes tarifs aujourd’hui, tu les as définis. Comment c’est des plages? C’est par horaire, c’est pas par pièce. C’est comment c’est par horaire? J’ai voilà, je me suis dit voilà, pour faire une planche tendance, c’est tant de temps. Même si c’est ce que je disais tout à l’heure.

Séverine (00:26:43.91 –> 00:26:49.01) : Finalement, c’est toujours au dessus que ce que de ce que je propose pour faire

Floortje (00:26:49.01 –> 00:27:10.45) : les achats, c’est tant de temps pour faire les choses. Voilà. Et à partir de là, je fais mon devis. Je dis voilà, il y a tant de demi journée de travail. C’est tant d’euros pour la demi journée. Et comme ça, ça fait ça fait. Tu fais par demi journée et par jour. On n’avait pas le coup, donc c’est pas par heure, mais c’est vrai. Tu es à l’aise de nous communiquer ton tarif.

Séverine (00:27:11.21 –> 00:27:11.53) : Par.

Floortje (00:27:11.89 –> 00:27:14.31) : Journée, c’est 100 euros la demi journée.

Floortje (00:27:18.16 –> 00:29:30.60) : J’ai envie de dire que tu as encore une petite marge de progression. Oui, j’en ai conscience, mais déjà, psychologiquement, je me dis. Après, c’est pas vrai. C’est ce que je dis est peut être pas vrai parce qu’il est vrai que par exemple, mon cas, moi, je suis à 250 euros la demi journée. Mais ça dépend un peu le projet de 250, 250 et 300 euros la demi journée. Mais en même temps, 1000 euros pour une salle de bain. Ça passe. Ouais, voilà, c’est pour ça. Non, non, franchement, c’est c’est ouais, c’est en fonction de ce qu’il y a à faire. Et après, je n’arrive pas à avoir des tarifs définitifs et de me dire c’est tel prix, c’est comme ça. Je pense que il y a des trucs où tu sais que ça va rouler tout seul. Et il y en a d’autres où tu sais que tu vas avoir plus de difficultés. Donc, celui où ça va rouler tout seul, finalement, tu dis je peux mettre un peu moins cher. Même si normalement, mon tarif, il est de 100 euros ou 200 ou 300. Je sais qu’avec ce client là, ça va bien se passer. Et donc, je peux faire un peu moins. Ou inversement, tu sais aussi qu’avec ce client là, tu vas pouvoir travailler plus vite parce que ça va aller bien et tu vas pouvoir finalement avoir un tarif intéressant et de se dire sur l’autre d’à côté. Je sais que ça sera un peu moins intéressant, mais l’un dans l’autre, ça fonctionne. Ouais, on est donc d’accord que finalement, la question de prix dans la décoration, n’est jamais entièrement fixée. non, ça varie tout le temps. C’est un. Je trouve que c’est une particularité de ce qu’on fait. C’est qu’il est difficile de vraiment se fixer. Tu ne peux pas faire comme le peintre. Le peintre va dire c’est 25 euros du mètre carré. Tu sais, t’as ton tarif. Toi, tu peux pas dire c’est 25 euros du mètre carré parce que si les clients, tu dois aller acheter un canapé ou si tu dois aller choisir tous les meubles de tous ses jours, c’est pas le même prix. Ouais, ouais, ouais. Moi, j’ai du mal, j’ai du mal à travailler au nombre de meubles ou au mètre carré, parce que si la pièce, elle fait 50 mètres carrés, mais que t’as qu’un canapé à racheter, je ne peux pas lui compter le même prix que si elle fait 50 mètres carrés, que j’ai tout à prendre, quoi. Ouais.

Floortje (00:29:33.60 –> 00:29:35.10) : Oui, je suis d’accord avec toi.

Floortje (00:29:37.72 –> 00:29:44.08) : Alors, on a parlé valeurs, on a parlé prix. Maintenant, on va parler un peu erreur. Hors de prix.

Floortje (00:29:46.36 –> 00:30:48.62) : Hors de. Côté des prix. Est ce qu’il y a d’autres choses que t’as? Parce que vraiment, c’est chouette à 7 ans d’expérience. Donc, il y a dû y avoir des moments où t’as appris énormément. Ouais, alors déjà, le devis hyper bien bordé le devis. Parce que c’est vrai que moi, j’ai des clients sur lesquels je n’avais pas été hyper précise et on en revient aux clients tatillon. Si tu précises pas tout pour ça, il y a certains clients où ils vont pas abuser. Par contre, il y en a d’autres. Il faut vraiment que ce soit très carré pour être sûr qu’il n’y ait pas de débordement. Donc ça. Ensuite, les bons artisans. Parce que c’est vrai que c’est hyper important. Finalement, les clients, ils te font confiance là dessus aussi. Et moi, ça m’est arrivé d’avoir des soucis comme tout comme tous. Je pense qu’on a toujours eu. Voilà, tu peux pas dire je n’ai eu aucun problème sur aucun chantier. Bon, eh bien, par contre, c’est vrai que moi, je suis radicale. Un souci, je travaille plus avec. C’est dehors. Ouais, ouais, voilà, voilà, ça fait partie des trucs.

Floortje (00:30:51.58 –> 00:31:48.48) : Voilà qu’ils font. C’est vraiment mon. On a été voilà. Ça marche pas, c’est fini. Mais ça dépend sûrement aussi de comment est réglé le problème par la suite. Oui, voilà, oui, oui, je suis pas non plus radicale. Si le peintre, il a fait un trait sur le mur et que c’est repris derrière, ça arrive. Enfin, voilà, c’est pas le problème. Par contre, voilà, si c’est l’artisan qui est grincheux, qui fait que râler parce que ça va pas avec telle personne ou voilà, j’ai pas de bons retours de la part du client sur tel artisan. C’est vrai que même s’il bosse hyper bien, ça m’arrive. J’ai eu un artisan avec lequel je bossais, qui bossait, mais vraiment hyper bien, hyper bien quand il était tout seul, fallait pas que je mette sur un autre chantier avec d’autres artisans, sinon je savais que ça râlait. Bon, malheureusement, voilà un moment ou un autre. Tu dis ben soit. Il est que quand il est tout seul. Soit je travaille plus avec quoi. Ouais.

Floortje (00:31:50.57 –> 00:32:03.79) : Oui, mais oui, pour le coup, il peut faire partie de ton équipe, sauf que tu l’utilises pas tout le temps. Voilà, c’est ça. Il est que quand j’ai des petits chantiers où il est tout seul à interviewer. Celui-là, ça marche.

Floortje (00:32:07.10 –> 00:32:10.70) : Donc devis artisans, quoi d’autre on a à prendre de toi ?

Floortje (00:32:12.82 –> 00:36:05.51) : Ouais, non, c’est pas mal déjà. Oui, c’est très bien. Tu crois que j’en ai d’autres ? Non, non, je ne sais pas. Je ne sais pas, je ne sais pas. Si, si, si, une autre erreur que je fais et ça, par contre, j’ai toujours pas réussi à régler le problème. Récupérer les photos des chantiers. J’ai beaucoup de mal. J’ai beaucoup de mal parce que de par mes prestations, je fais pas mal de conseils couleurs. Donc la prestation en deux heures ou t’as deux heures, je donne toutes les infos et après je m’en vais. Mais là, pour le coup, j’ai rarement les photos de retour. Oui, les visites conseils, tu veux dire. Voilà, voilà. Donc j’ai ça et après, sinon, il y a les chantiers où tu dis c’est un super beau chantier, j’ai fait des trucs sympas et tout. Donc là, nickel. Sauf que quand tu vas pour prendre des photos. Ben, t’as la panière de linge qui traîne et donc là, ça marche pas. Et c’est vrai que c’est une grosse difficulté. En tout cas pour moi, c’est de récupérer des photos de qualité pour pouvoir après mettre dans ma galerie. Ouais. Tu penses pas que moi, j’ai toujours entendu dire que c’est mieux quand tu as un vrai beau chantier, pas pour tous les chantiers, mais vraiment un chantier où tu as pu imposer un peu. Je veux pas dire imposer, pardon, imposer. C’est pas le bon mot que les clients t’ont suivi dans ton style ou vraiment, c’est quelque chose que tu as. Mais tu rêves de le mettre sur ton site Internet. Est ce que tu penses que peut être à ce moment là, ça sera mieux de prendre un photographe? Que de les faire toi même? Là, tu vois, tu me dis ça, je pense vraiment à un chantier. J’ai fait, j’ai fait un chantier où la maison, c’était vraiment super. Le client, il m’a suivi partout. Voilà, on a mis plein de choses et tous les produits de qualité. Voilà, tout était fait pour que le rendu final soit vraiment au top. Je leur dis je vais venir faire un shooting photo et tout est nickel. Et là, t’arrives. Mais le client, il n’a pas pris conscience qu’en fait, je ne pourrai jamais utiliser ces photos. Il y avait un puzzle qui traînait sur la table de séjour. Tu ne peux pas démonter le puzzle, la panière de linge avec les sous vêtements qui traînent partout. Rien à ranger, le linge de lit. Tu dis d’accord, ils ont dormi, mais ils auraient peut être pu tirer la couette. Le truc, tu dis, c’est soit je passe cinq heures à faire un rangement complet de la maison pour pouvoir faire le shooting. Tu dis. Je vais faire, je vais prendre deux, trois photos. Parce que j’ai dit que je passais et voilà, je ne peux pas faire autrement. Mais je sais que je ne pourrai jamais utiliser ces photos. Et tu ne penses pas que si tu prends quelqu’un avec toi, que ça mettra un peu plus la pression sur toi? Ben non, mais là, j’étais avec quelqu’un. J’étais avec un photographe parce que je savais que la maison avait vraiment un potentiel et en gros, j’ai pu photographier que l’escalier parce que parce que c’était la seule pièce qui était sympa. Parce que le linge de lit qu’on avait préconisé, il était parti au sèche linge. Ben, c’était plus le linge de lit qui était prévu parce que voilà, il n’y avait rien qui correspondait ou tu dis ben ouais, je vais avoir des belles photos. Et comment on aurait pu éviter ça? Vraiment, comment toi, quand tu arrives parce que quand même, t’as payé pour le photographe? C’est ça. Après, le souci, le souci, c’est que je ne vois pas. J’ai retourné dans tous les sens. Je n’ai pas pu trouver de solution parce que le client savait. Il était là. J’avais pris rendez vous. Je lui ai dit que je venais avec un photographe, que les photos seraient sur mon site internet et sur mes supports de communication. Donc, voilà. En plus, j’avais de la chance. Il faisait hyper beau. Donc, tout était réuni, sauf l’intérieur. Sauf que lui, il n’a pas eu envie de ranger. Pour lui, ça devait être bien. Je pense que c’était suffisant. Il ne s’est pas projeté dans la maison catalogue.

Séverine (00:36:07.37 –> 00:36:07.73) : Ouais.

Floortje (00:36:08.83 –> 00:36:29.61) : Donc, c’est vrai que ça, c’est pas moi. Je trouve, je trouve que c’est une des parties difficiles sur le chantier ou le nombre de fois où effectivement tu fais des des chantiers, tu proposes plein de choses. Les clients te suivent et tout. Et derrière, c’est vrai que c’est hyper dur de récupérer des photos qui soient cohérentes. En tout cas pour moi.

Floortje (00:36:31.81 –> 00:37:44.48) : Je t’avoue que je n’ai pas de solution, mais je sais que je sais que les photos. J’ai les photos quand ils ont bien pris par un photographe et que le rendu va t’amener encore plus. Deux clients. Le fait que tu prends des photos professionnelles de ton travail, ça montre plusieurs choses. Ça veut dire que tu es fier de ce que tu as fait, ce que ça rend dans ton esthétique, que tu as des clients qui t’ont suivi. Surtout, tu vois, pour moi, c’est un vrai vitrine supplémentaire. Je pense que c’est une problématique à trouver. Je me tâte à me dire un jour, je vais peut être invité plutôt en photographe, justement, d’intérieur pour venir parler avec moi sur le podcast pour avoir quelques astuces, parce qu’il doit avoir quand même ce genre de choses. Les lits pas faits, les toits. Et comme ça, on pourrait avoir plus d’astuces de comment qu’est ce qu’il faut envoyer, peut être comme email type avant que t’arrives pour bien marquer le clou, que ça arrange, que c’est pas qu’il n’y a pas un puzzle ni des caleçons, quoi. Parce que t’as dû faire un drôle de tête. Ben là, t’as réussi. Photoshop, c’est bien, mais à un moment ou un autre, je ne pourrais pas tout supprimer. Ça a des limites.

Floortje (00:37:50.88 –> 00:41:59.88) : Alors, on va revenir un peu en arrière, parce qu’au départ, entre deux petites phrases, tu me dis oui, je passe aussi à la radio. C’est est ce que ça, ça t’amène des clients? Comment t’es arrivé à faire ça? Et est ce que c’est chouette à faire? Alors, c’est pas chouette, c’est juste génial. Moi, j’adore cette situation où t’as deux, trois minutes pour trouver des solutions pour les auditeurs. Franchement, c’est une gymnastique énorme. Donc, c’est pas chouette, c’est juste génial. Franchement, c’est très, très chouette à faire. En plus, c’est rigolo parce qu’il y a des fois, t’as pas d’auditeurs qui appellent et souvent la première question va amener toutes les autres derrière. Parce que t’en as un qui va parler de son escalier et l’émission va finir sur les escaliers parce qu’on va avoir 50 questions d’escalier. Et j’en suis venue, en fait, à cette émission parce que j’avais discuté avec une fille qui avait un journal et de fil en aiguille, il y a quelqu’un qui fait de la radio. Et puis, elle m’a appelée en me disant tiens, je te propose ça. Est ce que ça te plairait ? Donc, pour le coup, on a fait une radio locale sur France Bleu Braille Zizel. Donc, et puis même pendant le confinement, pour le coup, la radio s’est arrêtée en local. Mais pour le coup, j’étais passée en régional. J’avais pris en grade. Super. Donc, on a continué la déco, pareil, sur la région Bretagne pour le coup. Faut pour le coup avoir quand même beaucoup d’imagination, mettre beaucoup de j’ai envie de dire d’image dans tes mots, parce qu’à la radio, c’est quand même uniquement auditif, on dit ça. Oui, c’est ça. Voilà. En fait, c’est assez facile à faire parce que tu te rends compte que les intérieurs, ils ont à peu près tous la même configuration. Quand en Bretagne, on parle, on a plein de chambres mansardées. Quand le client dit j’ai ma chambre mansardée, les portes sont à peu près toutes toujours posées au même endroit. La mansarde aussi. Donc, c’est très vite orienté. Et donc, le client, se projette et ça permet aux autres auditeurs de se projeter aussi en disant j’ai la même maison. Ouais, ça va assez vite. Et c’est vrai que après, tu es sur une réponse plutôt généraliste. Tu ne vas pas dans le détail, mais tu donnes les grandes tendances et tout. Donc non, la gymnastique à faire est très chouette. Et ça t’amène du monde. Ouais, ouais, ouais. Alors, c’est pas ce qui m’appelle ce qui m’amène le plus gros de ma clientèle. Mais par contre, c’est tellement sympa à faire que même si ça m’a amené plus de clients, je continuerai. Tu continueras à le faire. Ouais. Et ça rentre encore dans tes valeurs de partage, finalement. Bah, c’est ça. Finalement, c’est toujours l’adéquat accessible à tous. Donc, en fait, le cours de confiance en soi. C’est top, tu t’es fait. Tu t’es connu toi même. T’as bien compris comment toi tu marches, comment tu peux marcher pour les clients et comment tu peux marcher avec les clients. Ouais, ouais, c’est excellent. Je pense que ça fait partie des choses, en fait, quand tu veux te lancer. Sauf si tu sais vraiment déjà quelles sont tes valeurs et comment tu fonctionnes. Toi, intrinsèquement, ça fait partie des choses qui sont intéressantes à faire. Ouais. Est ce que tu peux nous dire où on peut te trouver sur le net, sur la radio? Maintenant, régionale? Non, non, le confinement étant terminé, tu es revenu dans ma petite région, c’est les vacances. Donc, ça ne reprendra qu’en septembre. D’accord. Donc, sur le net, on peut me trouver sur Séverine-Solution au pluriel-intérieur.fr. On peut me trouver sur Facebook, Séverine Luisa. On peut me trouver sur Insta avec Séverine Solution intérieur aussi. Et puis, sur France Bleu Braille Ciselle. C’est magnifique. Merci beaucoup, Séverine. C’était une discussion extrêmement intéressante et j’étais ravie, en fait, de parler avec toi de tout ce que tu as pu faire dans les sept ans. J’espère qu’on peut se retrouver à un autre moment pour discuter encore une fois sur plein de choses, parce que sur sept ans d’expérience, je pense qu’il y a encore plein d’autres choses que tu peux nous apprendre. Mais pour l’instant, je te dis un grand, grand merci. Merci à toi. Avec plaisir et à très bientôt.

Floortje (00:42:10.63 –> 00:48:59.23) : Encore un grand merci à Séverine et le partage qu’elle a fait. Je vais faire un petit récap parce qu’il y a quand même énormément de choses qui sont passées que je pense que sont extrêmement d’une façon très intelligente, qu’on peut tous apprendre et puis voilà. Donc, la première leçon que j’ai retenue, c’est qu’il est important de s’entourer des personnes et des personnes compétentes. Donc, à un moment où elle avait des doutes, elle a su s’entourer avec un coach. Elle a aussi pu se fier à son entourage. Elle a eu l’intelligence de s’entourer des personnes qui portent en fait son entreprise. Après, on a parlé de comment elle est arrivée à poster parce qu’en fait, on a parlé du fait que sur son site internet, elle met très clairement ses valeurs à elle. Et en fait, c’est assez marrant parce que quand elle a commencé à me parler de son processus pour arriver à ces valeurs là, elle m’a bien fait penser à Laurette Glaçon de l’épisode 5, puisqu’elle a commencé par d’abord définir pourquoi je fais ce métier, qui est-ce que je suis moi et qu’est-ce que je veux faire transparaître pour mes clients. Et ça, ça me rappelle bien de ce qu’elle avait dit. Laurette, le côté pourquoi je fais ce que je fais et comment je vais arriver à mon but de pouvoir en vivre et de poser mes qualités et poser aussi les qualités que je veux avoir dans mes clients. Un des qualités qu’elle a bien ou un des valeurs qu’elle a bien, bien posé, c’est vrai, dès le départ, c’est qu’elle voulait absolument avoir une entreprise qui rendait la décoration accessible à tous. Il est vrai que pour le coup, elle s’est oubliée un peu pendant quelques années parce que c’était tellement accessible à tous que finalement, pour elle, un salaire n’était pas forcément accessible. On a bien fait le point sur le fait que quand on fait une salle de bain complète à 300 euros et qu’on y bosse pendant 15 jours, ce n’est pas du tout rentable. Et de là, je pense qu’on peut poser cette réflexion que oui, ça doit être accessible à tous. Si c’est ton créneau, si c’est ton envie, si c’est ce que tu poses par rapport à ce que tu as posé comme pourquoi pour ton entreprise. Et en même temps, il ne faut jamais oublier que toi aussi, tu dois te payer. Ça doit être valorisant aussi pour toi. Et pour moi, il est quand même assez. C’est assez simple. Si l’argent ne rentre pas, je ne suis pas forcément valorisé dans mon travail puisque c’est une entreprise et ce n’est pas un hobby. Donc, la rémunération a une grande, grande importance pour cette partie valorisation. On peut très bien être valorisé aussi par les mots des clients, des cinq étoiles sur Google. Ça aussi, c’est une valorisation. C’est une valorisation, mais c’est pour moi qu’une partie de la valorisation. Le fait que je peux me payer un salaire fait aussi une grande partie de la valorisation que mes clients me donnent. Et puis, tout simplement, si on a l’entreprise, encore une fois, c’est pas un hobby, c’est l’entreprise et donc du coup, la rentabilité est importante. Elle nous a donné aussi ces règles, des quelques règles qu’elle suit quand même au quotidien pour bien fonctionner avec ses clients. Elle a dit il faut border le devis. Ça me rappelle une discussion que j’ai eue avec Pascal Géry. Comment c’est important de bien expliquer ce qu’on fait, pourquoi on le fait et comment on arrive au résultat final. Ça, pour moi, c’est déjà une partie de la réponse du comment est ce que je borde mon devis. Et ensuite, ça, comme elle le dit bien, Séverine, ça montre aussi aux clients quand on borde et quand on met les mots dessus et quand on met aussi les heures dessus. Ça montre aussi très bien aux clients combien de temps ça prend de poser quelque chose. Ensuite, une autre règle, c’est de trouver des bons artisans. Ça semble être un règle qui devrait de toute façon être en place. Mais il est vrai qu’au départ, cette règle, on aimerait bien l’avoir. C’est juste qu’on n’a pas forcément toujours la possibilité. C’est vraiment ce que j’ai vécu. Je pense que tout le monde passe par là. C’est qu’au départ, on prend les artisans qui viennent par les autres et on peut avoir des surprises. Je pense, ça prend entre deux et cinq ans pour avoir. C’est pas que je le pense, c’est que ça, c’est des retours que j’ai par les discussions à droite et à gauche, parce que moi, je suis que dans la troisième année. Donc, l’erreur d’un artisan n’est pas encore totalement éradiqué, mais ça prend entre deux et trois ans, deux et cinq ans de bien avoir un portfolio artisans qui ne font pas des énormes surprises à la fin d’un chantier. Et puis, il y a aussi la règle de bien préparer des photos. Pour l’instant, Séverine, très clairement, elle a eu un petit contretemps sur ce coup là. Et je me suis fait la réflexion que ça sera peut être bien, effectivement, que j’invite sur ce podcast quelqu’un qui peut qui peut en parler en plus de détails de comment est ce qu’on fait une sorte que les clients préparent notre maison, notre maison prépare leur maison pour que nous puissions aller prendre des photos. Il faut dire que pour l’instant, j’ai eu du bol avec des clients qui rangent presque à outrance quand j’arrive pour faire des photos. Mais je pense qu’il doit y avoir un processus à mettre en place. Je pense qu’on peut peut être voir si on peut développer un tram ou quelque chose qu’on peut donner aux clients ou communiquer bien aux clients pour qu’effectivement, il n’y a pas de ce type de surprise puisque ranger les caleçons des autres, je ne pense pas que ça fait vraiment partie de notre métier. Je sais que notre métier n’est pas toujours glamour, mais quand même pas à ce point là.

Floortje (00:49:02.09 –> 00:51:56.55) : Donc, voilà, je pense que j’ai fait le tour. Elle a vraiment fait une sorte que son site Internet qui lui attire quand même beaucoup de clients, reflète sa personnalité, ses valeurs. Et pour le coup, elle attire des clients à son image. Elle a aussi des clients parce qu’elle a de la visibilité radio. Un peu moins que sur son site, mais son site apparemment marche très, très bien. Donc, c’est quelque chose de toujours à travailler. La définition de ses valeurs, je trouve une excellente idée. Travailler avec un coach en plus pour bien définir qui on est, ce qu’on veut, moi, je ne peux que dire oui. Après, elle nous a parlé aussi de ses drapeaux rouges et un de ses drapeaux rouges, c’est que si quelqu’un pinaille trop sur le devis, et ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas discuter du devis, mais si quelqu’un pinaille trop sur des détails, c’est clairement quelqu’un qui, tout au long du processus, ne va pas forcément te faire confiance et ce n’est pas ton client idéal. Je sais que moi, ça m’est arrivé une fois que quelqu’un a effectivement lourdement discuté de lui, j’ai quand même fini par le signer parce que c’était mon première année. Et puis, on a dans ce cas là, on a envie d’avancer avec les clients. On a envie de surtout travailler. Et il est vrai que jusqu’à aujourd’hui, je regrette d’avoir signé celui là, parce que non seulement c’était en dessous de mes prix, ça m’a bien dévalorisé face à moi même. Mais ensuite, il s’avère que c’est un client qui a discuté sur chaque ligne, sur chaque chose, sur tout ce qu’on a fait et que finalement, ce n’était pas forcément de sa faute parce que moi, je l’ai accepté comme ça. Donc, du coup, on est sur une bonne erreur de débutant de prendre un client qui nous ne correspond pas et quand le client ne correspond pas, forcément, le projet est difficile à faire correspondre aussi. Voilà, j’espère que tu en as appris. Moi, j’en ai appris plein et j’ai hâte d’avoir de tes retours. N’hésite pas à venir sur Décopreneurs.com ou et surtout sur notre page Instagram Décopreneurs podcast. N’hésite pas à laisser des des avis ou des petits mots, des petits commentaires pour que l’on discute un peu plus de notre beau métier et qu’on avance tous ensemble vers le fait que ce qu’on fait est génial. C’est une passion, c’est créatif et en même temps, c’est un vrai business. Il faut aussi le vivre tant que tel. Voilà, je te souhaite une excellente journée et puis à très bientôt. Bye.