Le concept de Boeme Design est venu en allant à une conference sur entrepreneuriat. Et depuis, Emeline Bosset se questionne sur son choix (hello, syndrome d’imposteur !) tous les 6 mois… Elle nous parle de pourquoi elle travaille que avec les pros, les émotions a mettre dans chaque projet, son coté pointilleux quand elle monte un projet et pourquoi il faut avoir un comptable. Have fun ! Aujourd’hui (janvier 2025) Emeline a fondé Tanama : Site

Les chapitres

“00:00:17 – Introduction : Emeline Bossé et l’entrepreneuriat éco-responsable
00:01:57 – Le parcours professionnel d’Emeline : des débuts au salariat
00:04:36 – Évolution vers l’aménagement d’espaces de travail
00:07:16 – Pourquoi Emeline choisit de travailler avec des professionnels
00:11:24 – Départ du salariat pour créer Bohème Design
00:15:28 – La création de l’entreprise : défis et apprentissages
00:23:19 – Positionnement de la marque et premières étapes
00:29:48 – Le rôle des réseaux professionnels dans le parcours d’Emeline
00:35:07 – Outils et méthodologie pour la gestion de projets
00:43:28 – Discussion sur l’apprentissage continu et la légitimité professionnelle”

Transcription (par autoscript)

Floortje (00:00:17.58 –> 00:01:45.64) : Salut, salut et bienvenue chez les Décopreneurs, le podcast pour les architectes et les décorateurs d’intérieur côté business. Aujourd’hui, je vais parler avec Emeline Bossé de Bohème Design. Emeline est partie du salariat pour aller vers l’entrepreneuriat puisqu’elle avait envie de se développer plus, d’aller vers une démarche plus éco-responsable. Elle avait envie de se sentir un peu plus utile et elle a pour le coup monté son entreprise Bohème Design. Donc aujourd’hui, elle est designer pour les professionnels et uniquement pour les professionnels. Avec elle, on va parler de pourquoi elle ne travaille que pour les pros, la différence et l’importance d’émotion dans les projets des pros. Et on va voir, on va les comparer un peu avec les particuliers. On va parler aussi du fait qu’elle remet en question son entrepreneuriat à peu près tous les six mois, mais généralement que pour une demi-journée. Donc il y a le syndrome d’imposteur qui se pointe l’année de temps en autre. On va aussi parler de l’importance d’avoir une entreprise. On va parler aussi de l’importance d’avoir une comptable, de sa façon de travailler et sa façon de monter ses projets. Elle parle aussi d’un outil qu’elle utilise pour mieux communiquer avec ses clients et puis plein d’autres choses. Donc je vous laisse découvrir.

Floortje (00:01:57.63 –> 00:04:33.42) : Bienvenue Evelyne. Je suis Evelyne, voilà. Ça commence bien. Bienvenue Evelyne, je suis ravie que tu aies là et ravie de te parler aujourd’hui. Bonjour Flore, moi aussi je suis ravie d’être là et de pouvoir discuter avec toi. Merci de m’avoir invitée. C’est un plaisir. Est-ce que pour commencer, tu peux me parler de ton parcours, de tout ce que tu as fait, tout ce qui a été mis en place pour que tu aies là aujourd’hui, bien dans ton entreprise Bohème Design ? Ok, alors mon parcours, il a commencé par un BTS en design professionnel. J’ai toujours voulu être designer, créer pour les autres, c’était vraiment quelque chose que j’avais envie de faire depuis très longtemps. Et j’aimais bien les métiers que personne ne connaissait, faire quelque chose que personne ne connaissait, être là où on ne m’attend pas. Donc c’est pour ça que j’ai choisi ce métier. Et donc après mon BTS, j’ai été embauchée comme designer intégrée dans une entreprise qui fabrique du mobilier en aluminium pour les surfaces de vente. Donc en gros, je dessinais du mobilier et je créais une implantation. L’aménagement, les espaces fruits et légumes pour des grandes surfaces ou pour des primeurs, des magasins bio, des fleuristes et des jardineries et un peu de mobilier déco urbaine. Et ça, je l’ai fait pendant 9 ans. Et c’était top parce que j’ai beaucoup appris. Et ce qui était bien, c’est que j’étais au sein du bureau d’études, donc avec les concepteurs et à côté de l’atelier. Donc en gros, tu dessines un truc et tu as l’atelier qu’ils fabriquent juste à côté. C’est quand même super top. Tu as le résultat en quelques jours. ça m’a beaucoup appris sur tous les espaces de vente, les espaces recevant du public. Donc je travaillais uniquement avec des pros. Et ça m’a aussi appris l’environnement de l’entreprise en soi parce qu’il y avait 120 employés. J’ai très vite été déléguée du personnel et à la fin, j’étais secrétaire du CE. Donc on ne voit pas trop le lien comme ça. Mais en fait, j’aimais bien le lien avec les autres équipes, être en lien vraiment autant avec les commerciaux, les ouvriers avec qui je discutais beaucoup, le midi en pause, comprendre le fonctionnement global de l’entreprise et ça m’a intéressée en fait aux conditions de travail en général, à la qualité de vie au travail. Et après, c’est un sujet que j’ai voulu travailler ou sur lequel je me suis beaucoup intéressée une fois que j’ai quitté mon poste intégré. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, je travaille autant sur les espaces de vente que sur les espaces de travail en entreprise pour améliorer aussi la qualité de vie au travail. Parce que l’aménagement d’espace a un rôle super important. Oui, c’est très important dans la qualité de vie au travail.

Floortje (00:04:36.54 –> 00:07:13.75) : J’ai tout de suite deux questions. En fait, déjà, quand tu es partie dans cette entreprise, est-ce que c’était un vrai choix d’aller dans le type d’entreprise qui ne travaille qu’avec les pros ? Ou est-ce que c’est plutôt tu as fait plusieurs entretiens et tu as atterri là ? Alors, vu que j’ai une formation en design de produits à la base, c’est ce job-là qui m’a amenée à l’aménagement d’espace. Mais à la base, quand tu es designer produit, tu sais que tu vas plutôt être soit en agence, soit designer intégré dans une entreprise qui fabrique. Et du coup, tu es dans un environnement pro. Et en général, tu ne vends jamais directement aux particuliers. Soit j’allais être designer pour des biens de la consommation qui allaient être vendus en grande surface ou distribués dans des réseaux commerciaux. Enfin, jusqu’à ce que je n’allais pas travailler en direct avec des particuliers dès le départ. D’accord. Et je n’y avais jamais pensé. D’accord. Le design produit, c’est moins quelque chose qui se fait. À moins d’être vraiment dans l’artisanat d’art, il y a peu de designers produits qui travaillent en direct avec des particuliers. Et du coup, la question s’est posée quand même au moment où j’ai créé mon entreprise. Et pourquoi j’ai quitté ce poste-là au bout de huit ans ? C’est parce que j’étais vraiment au poste de design produit, de design d’aménagement. Et je voulais évoluer et prendre plus part au projet aussi en amont, être plus en lien avec les clients. Et l’évolution n’était pas possible au sein de l’entreprise, tout simplement. Donc, je suis partie. Voilà, ça s’est très bien passé. Puis, je voulais avoir aussi une diversité dans mes projets parce que pendant huit ans, quand tu fais, voilà, c’est un peu le même type de mobilier tout le temps. Donc, j’avais vraiment besoin de me renouveler. Et au niveau de l’innovation, j’avais aussi envie d’avancer, avoir plus de choix dans les matériaux. Voilà, c’est pour ça que j’ai créé mon entreprise. Et là, ça a été un vrai cheminement pour définir l’identité de mon entreprise, savoir quelle valeur ajoutée j’allais avoir par rapport aux autres. Effectivement, est-ce que j’allais travailler dans un entreprise ? Est-ce que j’allais travailler pour les particuliers ou pas ? Je n’avais pas l’expérience de travailler avec des particuliers. J’étais à une période de ma vie assez particulière au niveau familial où j’ai remis beaucoup de choses en question. Du coup, je travaillais beaucoup sur moi. Et moi, enfin, voilà, en tant que designer, on est super empathique. On doit s’imprégner des besoins de ses clients pour pouvoir travailler pour eux. Et tout simplement, pour moi, c’était trop de m’investir de la vie personnelle de mes clients. Je ne savais pas le gérer, en fait. Alors que pour les pros, je connais, j’adore travailler à partir de l’identité des entreprises ou des marques, des magasins, des marques distributeurs. Je travaille pour la grande distrib. Et tu ne rentres pas dans l’intime des gens, en fait.

Floortje (00:07:16.05 –> 00:11:21.96) : Quand tu vas au boulot, quand tu vas dans un magasin, ce n’est pas la même expérience qu’imaginer un salon, une cuisine. C’est au cœur de la vie des gens. Donc, pour moi, c’est un impact réel sur la vie des gens. Et à ce moment-là, je n’étais clairement pas capable de le faire. Et puis, j’avais plus l’expérience avec les pros. C’est quelque chose que je connais et que j’avais encore des choses à dire sur le sujet, en fait. Et encore aujourd’hui, j’ai encore des choses à dire. J’allais dire. Donc, c’est pour ça que je ne me sens pas du tout attirée. Parce que pour moi, c’est un tout autre métier. C’est vraiment une autre approche. Je ne peux pas. Je ne peux évidemment pas traiter un espace intime, personnel, de la même façon qu’un magasin. Ou un espace recevant du public. Ce n’est pas du tout la même chose qu’on va vivre. Ce n’est pas la même expérience. Et moi, mon point de départ sur les projets, c’est d’imaginer l’expérience qu’on va vivre dans les espaces. Voilà. Mais qui est quand même aussi un peu émotionnel, finalement. Complètement. Parce que chacun a besoin de vivre quelque chose une fois qu’il rentre dans un restaurant, dans une boutique. Il y a quand même une notion d’émotion là-dedans. Complètement. Je comprends tout à fait ce que tu dis. Dis-moi si j’ai tort. Est-ce qu’effectivement, il y a moins d’affectifs dans ce côté-là ? Ce n’est pas moins d’affectifs, mais c’est un affectif différent. On n’est pas dans l’intime. Du coup, c’est différent. Quand tu traites un espace de convivialité dans une entreprise, c’est pour faire en sorte que, pour créer du lien entre les collaborateurs, ils ne sont pas censés devenir amis. Ce n’est pas comme une relation entre une femme et son mari, entre des parents et leurs enfants. Tu ne crées pas du tout. Tu n’as pas les mêmes expériences. ‘est vraiment de l’ordre de la vie privée, vie pro, vie publique. Et dès lors que tu sors de chez toi, tu es quand même un peu différent. C’est des expériences différentes et l’émotion est différente. L’émotion est super importante parce que, par exemple, pour un commerce, par exemple, quelqu’un qui vend des chaussures, pourquoi on va aller dans ce magasin de chaussures-là plutôt qu’un autre ? Alors qu’à la base, c’est chaussure. Bien sûr. Il y en a même une. Oui. C’est une chaussure. Et pour ça, ça va jouer par l’identité. L’émotion que tu vas vivre, le parcours client que tu vas avoir dans ton espace, comment on va s’occuper de toi, comment tu vas te sentir. Et ça aussi, ça passe par les émotions en fonction des couleurs, de l’éclairage, des matériaux. Et ça, c’est en lien avec l’ADN de la marque du magasin. Tu crées en fait une émotion pour plusieurs personnes qui sont typologiques des clients. Oui. C’est pour eux que tu vas créer une émotion tant qu’effectivement, de l’autre côté, quand tu travailles pour les particuliers, c’est une émotion qui est beaucoup plus intime. Complètement. Et après, moi, ce que j’aime bien aussi, c’est que dans tous les ERP, donc les espaces recevant du public, dans les lieux du code du travail, il y a des contraintes. On entend beaucoup parler avec les contraintes. C’est clair. Mais ça, c’est une habitude. Moi, j’ai toujours travaillé avec ça dans les espaces recevant du public, dans les magasins. Il y a des allées à respecter au niveau de la sécurité, de l’accessibilité pour les personnes immovibles. Et moi, j’aime bien travailler avec ce type de contraintes, en fait. Parce que c’est des obligations. Quand des gens ouvrent leur magasin et qu’ils le font par eux-mêmes au début, ils n’ont pas forcément conscience de ces contraintes-là ou les font au départ parce qu’ils ont une commission de sécurité d’accessibilité. Donc, ils sont obligés de la respecter. Mais voilà, au fur et à mesure des années, des fois, c’est un peu mis à mal, ces aménagements-là. Et moi, mon rôle, c’est de leur rappeler aussi. Et en tant que designer, j’ai appris à travailler à partir de contraintes. Donc, en fait, j’aime bien ça. Et tu as aussi d’autres contraintes, évidemment. Tu dois respecter dans l’habitat. Mais je ne les connais pas, tout simplement. Alors, pour le coup, j’avais envie de te poser une autre question et de revenir un peu à ce passage du salariat, on va dire, et devenir vraiment entrepreneuse.

Floortje (00:11:24.36 –> 00:12:16.78) : Déjà, effectivement, tu m’as dit que tu voulais évoluer. Il n’y avait pas forcément de la place. Et puis… Mais normalement ou généralement, la décision de partir du salariat et de se lancer en entrepreneuriat, ça ne se fait pas en un claquement de doigts, on va dire. Comment ça s’est passé ? Alors, ça s’est passé que, comme je te l’ai dit, j’étais à un moment de ma vie perso très particulier. Du coup, j’étais en questionnement complet. Et au boulot, ça faisait tellement longtemps que je faisais la même chose que j’ai complètement perdu confiance en moi. Au début, j’ai cherché du boulot autour de chez moi. Donc, j’habite à Troyes. En Champagne-Ardenne. Et voilà, il n’y a pas beaucoup d’agences. Il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui recrutent des designers. Et je ne pouvais pas trop partir de la région. Et puis, quand même, cette idée d’entrepreneuriat, je l’avais en tête depuis très, très longtemps, sans l’oser, finalement.

Floortje (00:12:20.24 –> 00:15:26.44) : Surtout, je n’osais pas entreprendre. Et du coup, j’étais dans un questionnement total. Si bien qu’à la fin de mon job en salarié, en fait, je n’étais même plus designer. Je traitais l’ordonnancement au bureau d’études. Je faisais le lien. J’avais besoin de liens avec le choix. J’avais besoin de renouvellement. Et donc, du coup, je gérais le planning du bureau d’études avec les concepteurs. Et voilà, ça m’a permis de prendre du recul par rapport au design. Et au bout de quelques mois, je me suis dit, mais non, je ne suis faite que pour le design. Je ne suis pas faite pour le design. Donc, voilà, j’étais au moins sûre de ça. Et ce qui s’est passé aussi à ce moment-là, c’est qu’il y a un lieu qui est ouvert à Troyes, qui a émergé, qui s’appelle le Rocher Créatif. Il était en phase de test. Et le Rocher, en fait, c’est un tiers-lieu collaboratif qui favorise l’innovation, la création, l’entreprenariat. C’était complètement nouveau sur le territoire. Et au début, personne ne savait ce que c’était. Même eux, ils tentaient le truc, voilà, pour savoir comment ça allait prendre sur le territoire. Du moins, ça m’a interpellée. J’y suis allée à l’inauguration. J’ai vu qu’ils allaient proposer des ateliers sur l’entreprenariat, l’innovation, plein de sujets différents. Et je suis allée à un atelier qui était en phase de test. Porteur de projet. Il faut savoir ce que j’allais dire. Vraiment, je me suis inscrite en me disant j’ai besoin d’un truc, j’ai besoin d’autre chose, je ne sais pas quoi. Et je me souviens encore de mon chemin pour y aller, les cinq minutes de voiture que j’avais pour y aller, en me disant qu’est-ce que je vais dire, comment je vais me présenter. Je suis salariée, je ne sais pas ce que je veux. Et en fait, en cinq minutes, j’ai monté le truc, je veux créer mon studio de design. J’ai ça comme expérience et je veux travailler pour les pros. Et voilà, je veux créer mon entreprise, mais je ne sais pas comment. J’ai créé mon petit pitch comme ça en deux, trois minutes. Et ça a été une révélation. Mais vraiment, c’est encore l’histoire que je raconte aujourd’hui. C’est partie de l’histoire du rucher maintenant. Parce que clairement, j’ai expliqué ce que je voulais faire, mon expérience. Et on m’a un peu déroulé un tapis, un chemin sur le process à établir pour créer son entreprise. OK, ton idée, elle est bien, tu as de l’expérience, donc c’est justifié. Tu n’as pas besoin de formation pour t’installer. Il faut que tu crées ton business model, que tu fasses une étude de marché. Enfin, tu vois, on m’a vraiment tout expliqué. Et autant avant, je me disais c’est impossible que je crée mon entreprise toute seule. Je ne peux pas y arriver. Ce n’est pas possible. Je n’ai pas les connaissances. Je suis designer, je ne suis pas entrepreneur. Et là, je me suis dit c’est possible. OK. Et en plus, je ne me voyais pas le faire toute seule. Là, j’ai vu un lieu où je pouvais le faire, c’est-à-dire un lieu qui regroupe des personnes qui sont aussi indépendantes ou c’est un écosystème où il y a des entreprises qui sont sensibles. À des métiers un peu innovants, émergents, qui sont liés à l’innovation, à la transformation numérique, voilà. Et c’est un lieu où clairement, je me suis dit je me vois travailler ici. Ça m’a rappelé un peu l’ambiance d’école de design aussi, qui favorise la création, l’idéation, les échanges. C’est un contexte dans lequel j’étais en tant que salariée dans l’industrie métallurgique. Voilà, ça, ça a été vraiment mon déclencheur.

Floortje (00:15:28.47 –> 00:23:17.26) : Alors après, il s’est trouvé que… Et là, tu étais encore où ? Dans le salariat. Oui, j’étais encore salariée. Et du coup, j’ai commencé à réfléchir, vu qu’on donnait un process pour réfléchir à ma business model, à comment j’allais m’installer. Et c’était difficile pour moi de faire les deux parce que j’avais l’impression de faire le grand écart entre mon métier de designer intégré. J’avais l’impression que c’était vieux comme le monde parce que je le faisais depuis quasiment dix ans. Et là, je devais complètement me remettre en question, faire plein de benchmarks, plein de recherches sur comment je voulais m’installer. Voilà. Et du coup, très vite, j’ai senti que je ne pouvais plus faire les deux en même temps. Donc, j’ai quitté l’entreprise. J’étais super ouverte avec mon employeur qui a compris parce que ça faisait quand même plusieurs années que je lui disais que je n’avais pas envie d’évoluer, que j’avais envie d’autre chose. Et gentiment, il me disait que ce n’était pas possible. Donc, là, tout s’est bien passé. J’ai été entendue. Donc, je suis partie avec une rupture conventionnelle de contrat. Et dans la foulée, j’ai créé mon entreprise. Et là où tu me parlais d’erreur dans l’entreprise… Dans l’entrepreneuriat, là, c’en est une parce que je l’ai créée dans la foulée et je suis en SARL. Et parce que j’ai été aussi conseillée, orientée avec des personnes qui étaient en SARL ou d’autres structures, mais en entreprise, pas forcément en micro. Et du coup, j’étais un peu boostée par ça et je comprenais pourquoi. Enfin, voilà, ce choix, je l’ai fait en conscience quand même. C’est moi qui l’ai fait. Mais clairement, si tu veux, ma période tampon entre le salariat où pendant 10 ans, j’ai fait la même chose, j’étais dans un seul métier. Et le moment où je me suis jetée à l’autre. Parce que c’était vraiment l’impression que j’ai eue. Beaucoup trop court et il m’aurait fallu plusieurs mois pour intégrer le sujet, pour m’acculturer à l’entrepreneuriat, clairement. Et il aurait fallu que je… En fait, j’avais l’impression de devoir créer mon entreprise pour être légitime. Je ne me sentais pas du tout légitime à créer mon entreprise. Ah, le syndrome d’un booster. Exactement. Mais clairement, c’est dur. C’est tellement présent dans notre métier, c’est ouf. Alors qu’avec le recul, je me dis, tu crées ta boîte quand tu as ta boîte. Tu as ta première facture quand c’est nécessaire. Je n’avais pas besoin pour travailler en amont. J’avais le chômage, donc je n’avais pas besoin de créer la boîte avant. Tu n’avais peut-être pas besoin de créer une SARL en fait, tout de suite. C’était utile quand même parce que quand tu travailles qu’avec des pros, c’est un peu plus crédible. Si tu veux, j’ai une formation de 10ème mineur et ce n’est pas comme… Moi, j’étais confrontée… J’avais l’impression d’être confrontée aux architectes où eux, c’est reconnu. C’est un diplôme qui est reconnu par l’État. Tu es légitime et c’est lié au manque de légitimes. J’ai l’impression de me légitimer avec une SARL. Et vu que je ne travaillais qu’avec des pros, c’était quand même important. Auprès des fournisseurs et de mes clients, c’était quand même… Pour toi, ça fait une différence le fait que tu es en SARL et pas forcément… Ça a fait une différence. On m’arrivait un peu différemment dans les réseaux. Alors au début de mon entreprise, j’ai fait énormément de réseaux parce que je voulais comprendre un peu comment ça fonctionnait. Puis vu que je ne travaillais qu’avec des pros, c’était quand même essentiel. Et j’ai compris un peu ça. Le fonctionnement des réseaux. Et Troyes est une petite ville, donc ça se fait assez bien. Et le Ruchet Créatif m’y a beaucoup aidée parce que c’était un réseau informel en soi. Et en fait, j’adore ça de toute façon. J’ai découvert les Les rencontres, pour moi, c’est super important. C’est super intéressant. Et mes clients, je les ai tous rencontrés comme ça. En one-to-one, en discutant, en échangeant et en décelant des besoins en face des personnes qui étaient en face de moi. Chez les personnes qui étaient en face de moi. Et l’entrepreneuriat, c’est un super cheminement personnel pour apprendre à se découvrir. Et du coup, j’ai intégré plusieurs assos pros. Je te citais Créé comme Elle juste avant. C’est une association de femmes entrepreneurs. Le but, c’est juste de sortir de l’isolement. Et ça accueille autant des porteuses de projets que des femmes gérantes d’entreprise depuis 10 ans, 15 ans, 20 ans. L’asso est créée depuis 10 ans. Et le but, c’est vraiment d’échanger, de sortir de l’isolement parce qu’on se pose 15 000 questions quand on lance, mais aussi quand on lance son entreprise. Ce n’est pas du tout échange business. C’est vraiment axé sur les échanges, la bienveillance et avec des ateliers, des événements qui nous permettent d’apprendre et d’échanger sur des problématiques communes. Donc là, j’ai beaucoup appris sur moi, notamment parce qu’il y avait un parcours au début. Donc, c’était une sorte d’atelier sur quatre séances sur l’identité de marque. Savoir. Qu’est-ce que je vends ? Qu’est-ce que je propose ? Ok, du design, mais c’est quoi ? Personne ne sait. Et quelle valeur ajoutée j’ai par rapport aux autres ? Et c’est là où j’en suis venue au côté éco-responsable, même si je ne le mets pas encore comme ça à l’époque, le fait d’être vraiment respectueux de l’humain et de l’environnement. Ça, c’était quelque chose d’assez fort dès le départ. Du coup, c’était quand même aussi une valeur ajoutée pour mes clients et ça a fait un filtre très fort auprès de mes clients dès le départ. Ce qui m’a permis d’avoir des projets qui me parlaient, qui me concernaient. Le fait que tu as travaillé ta marque en fait. C’est que dès le départ, tu t’es posé un certain nombre de questions bien précis pour que tu arrives à quelque chose qui te correspond. Ce n’était sûrement pas que le côté éco-responsable. Est-ce que tu te rappelles un peu ce qu’il y avait comme question pour que… Qu’est-ce que tu as fait vraiment comme réflexion ? Qu’est-ce qui t’a aidé pour poser justement ta marque ? Euh… C’était de sortir ce qui était évident quand même au fond de moi. C’est que par rapport à l’expérience que j’avais eu en tant que salariée, le bien-être au travail était super important et je voulais y contribuer. contribué avant en tant que déléguée du personnel et secrétaire du CE de la boîte. Et j’avais perçu à l’époque que j’avais un rôle à jouer en tant que designer et dans l’aménagement d’espace. Donc, de façon super intuitive, au début, je n’avais pas trop de boulot. Donc, j’allais à plein d’ateliers. Autant sur la QVT, donc la qualité de vie au travail, sur le métier designer, sur l’environnement, parce que ça, c’était quelque chose qui me parlait de toute façon depuis toujours. Et au bout d’un moment, moi, j’en suis venue à la RSE comprendre ce que c’était parce que je ne savais pas ce que c’était, les noms qu’on donne à ces actions-là pour comprendre quel rôle je pouvais avoir à ce niveau-là. Et au début, c’était plus… Tout le côté co-responsable environnemental, c’était évident, parce que ça fait partie de mon métier de base. Et le côté humain est venu un peu par blessure personnelle, en fait. Le besoin de me sentir utile à ce niveau-là. Ouais, par intérêt personnel. Du coup, j’ai appris beaucoup de choses. J’ai suivi énormément d’ateliers qui étaient plus concernés au RH et au coach. Mais ça me parlait et ça me donnait un peu de la data pour travailler, en fait. Ça me faisait ma base pour mon benchmark, pour savoir quelles solutions apporter, en fait, dans l’aménagement d’espace. Et ça m’apportait une légitimité. Ça me donnait un vocabulaire et un discours auprès des entreprises qui leur parlaient aussi. Est-ce que toi, tu as besoin de travailler la cohésion de groupe, la cohésion d’équipe ? Tu vois, c’est des sujets qui sont différents par rapport aux particuliers. Et c’est des sujets que j’aime travailler et qui me parlent énormément, là où je peux me sentir utile, en fait. Oui, c’est un côté passion, en fait, que toi tu as. Est-ce que tu peux juste, entre parenthèses, très rapidement, en deux phrases, dire RSE ? Responsabilité sociétale des entreprises. Donc, ça touche autant l’environnemental que l’impact social sur les collaborateurs et sur le territoire. C’est l’humain et l’environnement. L’impact que peut avoir son entreprise en interne et en externe. Je t’ai déjà dit, quand on s’est parlé, juste avant de commencer, que tu vas revenir et tu vas nous faire un petit workshop sur le RSE, si tu veux. Avec plaisir.

Floortje (00:23:19.58 –> 00:26:39.88) : Donc, voilà, là, tu te lances. Tu as ta marque, voilà. Et ensuite, on en a parlé aussi un tout petit peu avant, mais prix. On en a parlé un peu. Oui. J’aimerais bien que tu m’expliques aujourd’hui comment, toi, tu as construit aussi ce côté-là, qui est très important, en fait, pour nous, décorateurs, designers d’espace. Je pense que c’est pareil si on est, pour le coup, dans le particulier ou dans le professionnel. Oui. C’est de comment est-ce qu’on pose cette partie-là. Toi, tu as fait un vrai travail émotionnel, d’abord, pour savoir qu’est-ce que tu voulais monter comme entreprise. Mais ensuite, il faut quand même aussi se faire payer. Oui. Est-ce que tu te rappelles comment tu as posé cette partie-là ? Oui. Est-ce que tu as eu des astuces, des trucs ? Oui, c’est ça. Alors, moi, je n’ai jamais été à l’aise avec l’argent. Et ce que je te disais aussi avant, c’est qu’en tant que salariée, je n’avais pas à gérer cette partie-là. J’arrivais au tout début du projet, mais le projet arrivait, quoi. Je ne gérais pas du tout la partie mégots, tarifs. Donc, je n’avais pas de notion. Et ce qui m’a aidée à poser mon tarif, c’est la discussion avec mon comptable, tout simplement. A définir le temps que j’allais pouvoir passer. Elle m’a aidée à construire vraiment ma tarification par rapport au temps que j’allais passer sur mes projets. Alors, au début, j’avais des notions de temps sur toute la partie créa. Mais tout ce qui était en amont, annexe au projet que je ne faisais pas avant, je n’avais pas vraiment de notion. Donc, ça m’a permis de créer quand même une base de tarification. On m’avait bien prévenu qu’au début, de toute façon, mes tarifs n’allaient pas correspondre à la réalité. Voilà, il faut de toute façon expérimenter. Donc, j’ai expérimenté. Et quand je revois mes tarifs, j’ai un projet, en fait, en ce moment, qui date du début de la création de l’entreprise, qui a un an et demi. Et quand je vois le tarif, c’est n’importe quoi. C’est le tarif de l’apprentissage. Voilà, exactement. Donc, bon, c’est un projet qui me tient à cœur. Donc, j’ai toujours de l’énergie à le faire. Et ça va être super. Et puis, voilà, les erreurs du début, comme tu dis, c’est l’apprentissage. Donc, au début, ça m’a quand même mis le fait de discuter avec mon comptable. Voilà, ça m’a permis d’avoir une bonne base, d’avoir mon tarif horaire. Mais ce qui me manquait très clairement, c’était le tarif de mes pairs. Parce qu’il n’y a pas de designer comme moi à trois. Il y a des archives, des décorateurs. Il y a une agence en design. Mais discuter tarif, c’est tabou. Je n’arrivais pas à avoir d’infos à ce niveau-là. J’avais l’impression soit que j’étais trop chère, soit que je n’étais pas légitime. Discuter avec des archives pures et dures, ils se disent, les designers, on n’est pas du même niveau. La discussion, elle est super difficile. Et ce qui m’a aidée, c’est le travail qu’on a fait, Bouge ta boîte, ensemble pendant le confinement. Très clairement, c’est là où on a pu parler très librement des tarifs. Et moi, ça m’a vraiment aidée à me repositionner sur mes tarifs et être sûre de moi. Et pas à me dire, je suis trop chère. Non, ça vaut ça. OK. C’est normal que je passe ce temps-là pour faire mon benchmark ou pour faire l’analyse en amont. C’est nécessaire parce que ça m’a permis d’avoir beaucoup plus confiance en mon process de travail, en ma méthode globale et d’affirmer mon tarif. D’ailleurs, ils ont augmenté, du coup, grâce au travail.

Floortje (00:26:42.62 –> 00:29:45.23) : Juste pour le petit rappel, Bouge ta boîte, c’est le réseau féminin duquel on fait partie tous les deux. Et effectivement, pendant le confinement, on avait créé, qui est toujours en place, il y en a une des décoratrices là-dedans, qui a créé un groupe décoffiné. Et on se parlait quasiment toutes les semaines de tous les sujets, de tout ce qui est le syndrome d’imposteur, jusqu’au prix, jusqu’au devis, de qu’est-ce qu’on met dedans, etc. Et il est vrai que la discussion prix a été extrêmement intéressante et révélateur, finalement, pour tout le monde, je pense. Oui. Parce qu’on s’est rendu compte qu’il y a des choses qu’on ne mettait pas dans nos devis, où il y avait des trucs qui étaient trop chers. Généralement, on n’est pas vite trop cher. On a plutôt une tendance à ne pas être assez cher, je pense. Oui, c’est ce qu’on a vu. Là-dedans. Et donc, du coup, ça nous a beaucoup, beaucoup aidé. Parce que toi, ça fait aussi partie, pour le coup, de ton côté réseautage. Tu es aussi dans Bouge ta boîte. Oui. Est-ce qu’il y en a d’autres ? Alors, j’ai d’abord fait partie de Cré comme elle et Le Rocher Créatif. Ça, c’était les premiers. Après ? Après, il y a eu Perspectives Numériques. C’est une association qui regroupe des professionnels du numérique pour accompagner les entreprises dans leur transformation numérique. C’est associé à la CCI de l’Aube. Alors, ça a été aussi, ça fait partie des assos du début. Et en fait, au début, j’étais très intéressée par le figital. Donc, c’est le lien entre, c’est la contraction entre digital et physique. Mais c’est tout ce qui va lier l’intégration du numérique dans les espaces, dans les aménagements d’espace. Donc là, pour le coup, professionnel, même si dans le privé, on le voit avec la domotique. Mais c’est un autre sujet. Et en fait, ça va être tout simplement, par exemple, les bornes qu’on peut voir dans les surfaces de vente. Chez Sephora ou King Jouet, ça a été des pionniers dans ce domaine. Et c’est des supports numériques qui vont accompagner la vente et l’expérience de vente dans un espace. Et moi, j’ai trouvé ça passionnant. C’est ce qui m’a aussi poussée à partir de l’entreprise parce qu’ils n’étaient pas du tout ouverts sur ce sujet. Et j’avais besoin d’évoluer clairement, d’aller plus dans l’innovation et proposer autre chose. Pas simplement du mobilier pur et dur, juste matériel avec du bois, du métal, du verre. Pour moi, c’est ajouter vraiment un plus. Et du coup, je’essaie rien parce que je suis designer produit, espace, et je n’ai pas de compétences en code ou dans les métiers du numérique. Donc, je me suis rapprochée de cet assaut qui tend à vulgariser clairement les sujets liés à la transformation numérique. Autant sur les réseaux sociaux, savoir construire sur le site web. On parle de BIM aussi. Donc là, c’est en lien avec mon métier dans la conception et le partage de fichiers en gros entre les différents métiers qui sont liés à la construction d’un bâtiment. Les architectes, les plombiers, l’électricité. En gros, ils peuvent avoir le même format de fichier avec le BIM. Donc voilà, c’est un assaut qui propose du contenu pour les entreprises avec la CCI 2.3.

Floortje (00:29:48.46 –> 00:31:13.62) : Est-ce qu’on peut revenir sur la partie prix ? Une minute, juste pour voir. J’aimerais bien que, si c’est possible pour toi de partager avec moi, soit ton taux horaire, soit ton taux au mètre carré. Quelque chose d’un peu plus concret. Mon taux horaire, avant le confinement, était de 60 euros. Et maintenant, il est à 0,10 euros. TTC ? Hors taxe. Hors taxe. Ah oui, parce que tu es des pros. Forcément. Oui. Oui, oui. Ah oui, tu as bien augmenté. C’est top, ça. Oui. Oui, et puis après, je vois par rapport à mes charges, par rapport au salaire que je voudrais me verser, au temps que je passe concrètement sur les projets. Il y a eu un tip super bien quand même pendant nos échanges avec Bouge ta boîte qu’on a eu. C’était le fait d’avoir conscience qu’on ne va travailler que 50 % du temps. Concrètement, sur les projets. Et le reste, c’est sur l’entretien. La prise, la prospection, le off. Il y en a qui disent que c’est un tiers même. Oui. Que ce n’est qu’un tiers. Et du coup, c’est ce qui m’a consolidée dans ma tarification. Bien. Est-ce que tu suis tes horaires ? Est-ce que tu suis le nombre d’heures que tu travailles sur un projet ? Je sais qu’il faudrait, mais non, je n’y arrive pas.

Floortje (00:31:16.86 –> 00:33:50.80) : Moi, je suis vraiment le profil créatif pur et dur. C Et puis, je suis poisson. Moi, je suis une astrologique. Tu vois, les rêveurs qui sont toujours dans le cosmos. Donc, pour moi, c’est très dur. Alors que je sais que… Alors, je parle de contraintes, tu vois, où j’aime travailler dans le contrat. Est-ce que j’ai besoin d’une structure ? J’ai besoin d’un cadre. Et pourquoi je n’arrive pas à être complètement sous contrainte, complètement dans un cadre ? J’essaie quand même de noter à peu près. Mais je vais y passer. Je sais que j’y passerai. C’est à noter, à pointer mes projets. Comme je le faisais avant, en tant que salariée, où je pointais mes projets. Oui. Oui, mais je pense… Moi, je suis assez convaincue qu’il faut le faire, mais pas éternellement. Tu vois, plutôt, c’est un truc qu’on va faire un ou deux ans pour se conforter dans le… Moi, je sais que de mon côté, par exemple, je me trompe encore pas mal dans la première partie de mes projets. Je mets toujours qu’une planche d’ambiance, ben, ça va prendre deux heures. C’est archi-faux. Et donc, quand j’ai commencé à justement pointer un peu… Je suis comme toi, c’est un peu compliqué. Parfois, je lance le timer, je ne l’arrête pas et 156 minutes plus tard ou 156 heures plus tard, quand je reviens sur le truc, ça a tourné tout le temps, donc ça ne marche pas. Ou j’oublie de le mettre. Mais quand j’y pense, je me rends compte qu’effectivement, ça me prend un peu plus de temps. Ce qui permet finalement de monter un peu ton… Oui. Ça, c’est pour définir le tarif et savoir le temps que tu passes sur chaque tâche. D’être plus juste. Voilà. Et moi, je le vois aussi par rapport à ma gestion de projet pur et dur où je peux avoir tendance à être désorganisée, à ne pas savoir ce que je vais faire dans la journée si jamais je n’ai pas un planning. Et du coup, moi aussi, pourquoi j’ai créé une SARM, c’est parce que je ne vois pas travailler toute seule tout le temps. J’imagine très bien soit avoir quelqu’un qui devient associé ou avoir des collaborateurs avec moi parce que j’aime bien travailler en équipe, j’aime bien le collectif. Et du coup, la gestion de projet, elle s’impose et la répartition des tâches aussi. Et du coup, je travaille sur un logiciel de gestion de projet qui s’appelle Wimi pour m’aider à poser mes tâches et à le planifier quoi, voir mes jalons pour chaque tâche, chaque projet, chaque client. Ça me permet de structurer mon organisation. Et puis aussi de partager les dossiers avec mes documents. Ça donne une plateforme, ça fait pro et ça passe assez bien. Ça plaît beaucoup. Et même si je n’ai pas… Si je ne vais pas lancer un timer. Si je suis quand même bien… Si je n’ai pas bien mes jalons, mon planifier, je vais avoir mon temps par projet.

Floortje (00:33:53.00 –> 00:35:04.86) : Oui, parce que si tu dépasses le temps que tu as… Il faut que je rajoute un jalon. Il ne faut pas que je le déplace. Alloué, forcément, il faut que tu rajoutes une moitié de journée ou quelque chose et donc tu vas de toute façon savoir… Du coup, ça me donne mon temps total sur le projet. Et ça s’appelle comment Wimi ? Oui, W-I-M-I. C’est payant. D’accord. Je ne connais pas. Enfin, il y a une partie gratuite et après une partie premium. Ça dépend des besoins. Moi, j’aimais beaucoup la partie partage de documents, histoire d’avoir un endroit entre toi et ton client où tu as un partage de dossiers, où tu peux faire le fil. Parce que souvent, quand on voit tes dossiers par mail, les clients les perdent. Ils ne savent plus faire le fil et tout ça. Et puis, des fois, mes pièces jointes, elles font plus que 10 mégas et ça ne passe pas. Bien sûr. Et ça fait un endroit où tu peux te retrouver, où je peux partager tous les devis, les prestats, faire le fil si je veux partager des nuanciers, des trucs comme ça. Mes plans, tous les dossiers que j’avais depuis le début. Il y a différentes applications. Et c’est payant aussi pour l’autre côté, pour le client ? Non, c’est payant que pour moi. D’accord. Après, il faut payer par nombre de collaborateurs. Toi, si tu étais plusieurs dans ton entreprise, là, ça va être payant. Mais pour les clients, c’est gratuit.

Floortje (00:35:07.16 –> 00:43:26.30) : Donc, ça ressemble un peu à… Moi, j’utilise Evernote et ça fait un peu pareil. Je peux effectivement partager avec les clients, mais moi, le truc qui m’arrête toujours un peu, c’est qu’il faut que je leur demande de downloader le truc. Après, je pense que c’est la différence entre travailler avec les pros et travailler avec les particuliers. Je pense que peut-être, mais tu me dis si j’ai tort, que les pros sont plus amenés à utiliser ce genre de système. Qu’est-ce que tu en penses ? C’est vrai que je ne me suis pas posé la question pour les particuliers, mais pour moi, ça faisait pro aussi. C’était un gage de qualité et de confiance dans mon image de marque. Et oui, ça s’appelait. Oui, ils ne sont pas réticents du tout à l’utiliser. C’est un style, c’est une fonction. Et moi, je m’étais aussi renseignée. J’avais regardé plein de trucs, Evernote, Asana, Trello. Pour moi, c’était complet. Il me fallait une visualisation. Et vu qu’à la fin de ma vie salariale, je faisais l’ordonnancement, la planification du BE, vraiment, je passais mes journées à ça, à rentrer des jalons, à briquer les trucs d’une équipe de 20 personnes, à gérer des imprévus dans tous les sens. J’avais besoin d’un outil visuel avec mes jalons à déplacer pour pouvoir me projeter et avoir un visu sur mon plan. Et vu que je suis quand même très visuelle, c’est quelque chose que je ne retrouvais pas sur Asana ou Evernote. Evernote, j’avais bien aimé, mais juste pour ma prise de notes, pour sortir les choses de ma tête. Oui. OK. Juste une dernière petite question. Non, j’en ai encore deux, peut-être trois. Je ne sais pas encore. J’ai trop envie de savoir. D’où vient le nom Bohème ? B-O-E-M-E. Sans H. Eh bien, je m’appelle Emeline Bossé. Oui. Donc, Bohème, de Bossé, Emeline. Ah ! Voilà. Et puis, bien sûr, la référence à la Bohème qui me va bien et qui est justifiée aussi dans les valeurs de mon entreprise pour le côté environnemental et humain, c’est l’amour de l’homme et de la nature, quoi. Voilà. Alors, au début aussi, j’avais du mal dans le côté Bohème. Il y en a qui me regardaient un peu avec des roseux. Ouais, bon, ça ne fait pas très sérieux en plus pour les boîtes, pour les entreprises. Et sur un salon, le workspace, où je vais chaque année parce que je trouve que c’est avec les ateliers, puis ça permet de rencontrer des fournisseurs. Et avec les ateliers, ça m’a permis d’avoir de la data sur tous les aménagements d’espace pro, de travail. C’était super intéressant. Et un jour, je discutais avec un fabricant de poubelles de recyclage. Et quand il a vu ma carte et mon nom, il m’a dit « Ah, ben, on est fait pour s’entendre ». Et là, je me suis dit « Ben, mon nom, il indique ce que je suis et il annonce la couleur, en gros ». Le côté environnemental, écologique, humain, il annonce la couleur. Et du coup, on voit tout de suite. Et ceux qui jugeaient un peu en disant « Ah, ça ne fait pas très sérieux », ben, ils ne sont pas faits pour travailler avec moi. On n’est pas faits pour travailler ensemble. On n’est pas sur les mêmes valeurs. C’est un filtre vraiment qui marche bien. Et depuis que j’ai eu cette réflexion-là, « On est faits pour travailler ensemble », je l’ai complètement assumée. Oui, tu assumes qui tu es, ce que tu veux être et ce que tu vas être. Exactement. J’allais dire quand t’es grande, mais bon, ça, tu l’étais déjà. Ma brève a deux ans, donc je suis en délire encore. Oui, mais bon, on est, voilà. Non, ensuite, est-ce que tu veux partager avec moi quelque chose qui t’a particulièrement marquée ? Quelque chose duquel tu as beaucoup appris ? Peut-être… Oui. Voilà, tu as fait quelque chose qui, finalement, tu as vu quelque chose, tu as senti quelque chose au départ de ton entreprise ou encore maintenant qui fait qu’aujourd’hui, tu es mieux dans tes baskets, que tu te sens bien dans ton entreprise. À part le côté, je comprends très bien ce que tu dis quand on parle du syndrome d’imposteur. Je pense qu’on l’a tous et qu’il faut qu’on y travaille. Mais celui-là, il est un peu difficile à faire passer, à faire partir. Mais est-ce qu’il y a des tuyaux, des choses que toi, tu as envie de partager ? Je ne sais pas si c’est un tuyau, mais c’est mon cheminement, en fait, où moi, dans mon mode de fonctionnement, dans tous mes projets à chaque fois, j’ai cette phase-là et je l’ai appris parce que, du coup, créer ma boîte, c’est ce que j’ai beaucoup appris sur moi. C’est du développement personnel, de créer son entreprise, prendre pour mon cas. J’ai besoin, au début d’un projet, de faire un benchmark super dense, super important pour m’imprégner du sujet. Ça a été pareil au début de la création de mon entreprise. Et je te parlais de salons où j’assistais à des ateliers sur les espaces de travail. J’avais besoin de comprendre parce que c’était un nouveau sujet pour moi, même si je le connaissais en tant que salarié. En tant que pro, j’avais besoin de connaître énormément de choses. Donc, j’ai écouté énormément d’ateliers, de webinaires, de conférences sur le sujet. Et la période de confinement, en fait, où je te parle de benchmark super important, il y a un moment donné où c’est bon, stop, j’ai les infos et le sujet sort et je sais ce que je vais faire. Il y a même une psy, un jour, qui m’a dit, je suis en mode téléchargement. Je télécharge énormément de data et à un moment donné, le téléchargement, je suis arrivée à 100%, bam, ça sort. Et je suis assez sûre de moi, de mon sujet, j’ai des idées, mon concept, et voilà, ça découle de là. Mais la phase de téléchargement, elle est super importante. Et comment tu fais ça avec les entreprises ? Qu’est-ce que tu télécharges quand tu commences à travailler avec une entreprise ? Je fais mon benchmark où je m’imprègne de leurs sujets, de leurs problématiques. Alors, même si maintenant, il est commun. J’ai fait pas mal de benchmark sur le sujet. Donc, il est moins important. Mais j’ai toujours besoin de me renouveler par rapport à l’identité de l’entreprise. Je vais chercher comment ça se fait ailleurs. Comment aux Etats-Unis, au Japon, on va traiter cette problématique-là ou cette identité-là, comment elle va être perçue ailleurs. J’ai besoin d’une phase d’analyse super importante. Ça me nourrit. Au même titre que les rencontres, c’est vraiment ce qui va me nourrir ensuite au fur et à mesure du projet et qui va me donner ma ligne directrice et justifier ma ligne directrice auprès de mes clients. Ça forge mon discours. Et là où je ne me sentais pas légitime, c’est que j’avais toujours besoin d’apprendre plein de choses sur les nouveaux modes de travail. On parle de flexibilité, du travail, tout ça. Je ne me sentais pas encore OK, je suis une experte sur le sujet. Et le confinement m’a permis de me rendre compte que j’étais capable de faire ma propre analyse par rapport aux nouvelles contraintes et d’apporter, moi, une expertise sur le sujet. Et du coup, j’étais devenue experte. Et je m’en suis rendue compte en discutant avec quelqu’un qui vient de créer son entreprise. C’était une consultante en QVT. Et je lui ai dit… Alors que j’avais déjà… En fait, on parlait de faire un webinaire ensemble sur le sujet de la tradition documénique pour les entreprises. Et moi, j’ai apporté ma touche sur l’aménagement des espaces par rapport aux nouvelles contraintes sanitaires. Et donc, j’avais déjà animé deux webinaires sur le sujet. Et je lui ai dit, je me suis inscrite à un webinaire en ligne. Il y a des pros qui parlent du sujet, exactement ce que j’ai fait. Mais je veux voir ce que les pros vont dire. Et elle a rigolé en disant, mais tu connais déjà, en fait. Voilà, tu es le pro. Et tu vas te confronter, en fait. Tu fais quoi ? Tu vas vérifier que tu sais ? Oui, oui, je vais vérifier que je sais. Pas mal, elle. J’ai suivi le truc. Il y avait même des choses qui m’énervaient. Où je trouvais, non, ce n’est pas ça. On ne va pas… Ce n’est pas encore là. Ou non, on en est déjà plus loin. Enfin, tu vois, j’avais mon avis par rapport à ce qui se disait. Donc, effectivement, maintenant, je me sens plus légitime dans la réflexion que je peux avoir, dans les infos que je peux traiter et dans, du coup, le contenu que moi, j’ai. Moi, je peux apporter. C’est là où je me sens un peu plus légitime. Mais parce que je pense que là, mon temps de téléchargement en data sur le sujet d’espaces pro, peut-être que je suis arrivée à la fin où je me sentais débutante et novice. Évidemment. Oui. Tu as vraiment fait un gros apprentissage de tout ce que tu penses que tu dois savoir. Finalement, sur le sujet de RSE, entreprise, etc. Oui. Mais aussi, il faut toujours se renouveler. On a toujours besoin d’être connecté à l’actu pour connaître les nouveautés et se renouveler. Ça, ça fait partie du job. Mais là, oui, je me sens plus légitime par rapport à ce sujet. Ça m’a pris deux ans.

Floortje (00:43:28.64 –> 00:44:22.64) : Bon, ça va. Ce n’est pas si long. Oui, ça va. Est-ce que tu peux nous dire où est-ce qu’on peut te trouver sur le réseau ? Oui. Bohème Design sur Instagram, LinkedIn. LinkedIn aussi sur Emeline Bosset. Je suis plus active à ce niveau-là. Parce que Bohème Design, je vais beaucoup plus traiter mes projets en tant que tel. Et Emeline Bosset, je vais parler aussi de tout ce qui va toucher au coaching et tous les sujets annexes au métier du design espace. Instagram, LinkedIn et Facebook aussi. Bohème Design sur Facebook. D’accord. C’est lequel ton réseau préféré ? Ça dépend pourquoi. LinkedIn pour mon réseau local et aussi pour ma data. Tu vois, pour faire mon paye. Oui. Oui. Et Facebook pour le contact en direct avec ma communauté. Là, je suis bien soutenue. C’est cool. C’est…

Floortje (00:44:26.14 –> 00:44:38.30) : Super. Merci beaucoup, Emeline. C’était un plaisir de parler avec toi. Ton partage m’a beaucoup touchée. Je trouve que tu as… C’était chouette de partager avec toi. Un grand merci. Et puis, une excellente journée. Merci à toi. Bonne journée.

Emeline Bosset (00:44:38.48 –> 00:44:38.76) : Ciao.

Floortje (00:44:48.60 –> 00:45:33.98) : Ciao. Encore un grand merci à Emeline pour le temps qu’elle a consacré à ce podcast. J’espère que ça t’a plu, que tu as appris des choses et que ça t’aiderait à avancer dans ton business. C’est quand même le but de ce podcast de faire avancer tout le monde dans ce beau business qui est la décoration et le design. Si ça t’a plu, n’hésite pas à laisser un petit message en-dessous. de ce podcast et si jamais tu te dis que tu as quelque chose à partager, ton point fort qui a aidé dans ton business, n’hésite pas à me contacter, je me ferai un plaisir de passer du temps avec toi et enregistrer un podcast. Tu seras la bienvenue au Décopreneurs. A très bientôt, salut !